{"id":1354,"date":"2021-05-02T22:03:07","date_gmt":"2021-05-02T20:03:07","guid":{"rendered":"http:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/?p=1354"},"modified":"2021-09-25T19:55:51","modified_gmt":"2021-09-25T17:55:51","slug":"article-eiximenis-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/index.php\/2021\/05\/02\/article-eiximenis-2017\/","title":{"rendered":"Mon article sur Eiximenis, paru en 2017:"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis et les vignobles du Roussillon en 1408. (article paru en 2017)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puig Georges<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Viticulteur en Roussillon<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 12 Novembre 1408, \u00e0 Perpignan, le pape Benoit XIII nommait <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Francesc_Eiximenis\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Francesch Eiximenis<\/strong><\/a> Administrateur apostolique des biens de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 d\u2019Elne, et Patriarche de J\u00e9rusalem.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Concile de Perpignan commen\u00e7ait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix de cet \u00e9v\u00e8nement pour traiter un sujet viticole, tient au personnage d\u2019Eiximenis, ainsi qu\u2019aux documents d\u00e9j\u00e0 connus mais inexploit\u00e9s sur ce sujet, en particulier les inventaires des celliers et la pr\u00e9sence d\u2019alambics dans les familles poss\u00e9dant des vignes et des chais en Roussillon, au d\u00e9but du XVe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I-Le pape Benoit XIII, et \u00ab&nbsp;Eiximenis&nbsp;\u00bb, amateurs de vins :<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9j\u00e0 en 1398 le pape Benoit XIII avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019appui de ses amis et serviteurs Roussillonnais, lorsqu\u2019il avait fallu constituer une flotte \u00e0 Port-Vendres pour essayer de le d\u00e9livrer des Fran\u00e7ais, \u00e0 Avignon<sup>1<\/sup>. Pendant des ann\u00e9es le pape avait err\u00e9 en Bourgogne, en Provence et en Italie, accompagn\u00e9 de ses fid\u00e8les conseillers et de la cour pontificale. N\u2019ayant pas trouv\u00e9 de compromis avec l\u2019autre pape, il partit de Porto-Venere, sur sept gal\u00e8res Pontificales charg\u00e9es de sa cour, command\u00e9es par Sagarriga, apr\u00e8s avoir convoqu\u00e9 un Concile en Aragon, \u00e0 Perpignan. Bien qu\u2019aimant le vin, le Saint-P\u00e8re ne perdait jamais l\u2019eau de vue, et restait toujours pr\u00e8s d\u2019un port, pr\u00eat \u00e0 partir sur les flots. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsqu\u2019il choisit Perpignan pour son concile, il choisit \u00ab&nbsp;la premi\u00e8re ville d\u2019Aragon&nbsp;\u00bb, mais surtout une ville proche d\u2019un port. Le Souverain Pontife d\u00e9barqua \u00e0 Port-Vendres le 2 Juillet 1408, allant d\u2019un Port de V\u00e9nus \u00e0 l\u2019autre \u00ab&nbsp;Domini Sanctissimus Dominus Benedictus papa\u2026tertius appuluit ad Portum Veneris&nbsp;\u00bb. Parti de Collioure, il traversa Argel\u00e9s et passa sous les murs de Taxo, pour entrer solennellement dans Elne le 23 Juillet 1408. Le 24 Juillet le cort\u00e8ge pontifical faisait son entr\u00e9e avec splendeur dans Perpignan, ou on avait dispos\u00e9 des tentures depuis la porte d\u2019Elne jusqu\u2019au palais des rois de Majorque. Notre roi, Don Martin d\u2019Aragon, avait ordonn\u00e9 \u00e0 Bernard d\u2019Oms, commandant le ch\u00e2teau de Perpignan, de mettre le palais des rois de Majorque de Perpignan, \u00e0 la disposition du Souverain Pontife.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Concile s\u2019ouvrit le 15 novembre dans l\u2019\u00e9glise de La Real.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une procession solennelle pr\u00e9c\u00e9da la messe du Saint-Esprit qui fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par le pape.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo de Benoit XIII&nbsp;.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On avait tendu des draps d\u2019or le long du chemin que suivit le cort\u00e8ge pontifical, depuis le palais des rois de Majorque jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9glise de La Real. Tout au long des rues que suivait la procession furent \u00e9lev\u00e9s des autels d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9chappait la fum\u00e9e de l\u2019encens. Des tapis pr\u00e9cieux furent tendus dans les rues avec ostentation. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La procession \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de l\u2019\u00e9tendard pontifical suivit d\u2019une mule blanche portant le Corpus Christi, puis venaient les procureurs des \u00e9glises conventuelles, des \u00e9glises cath\u00e9drales, des \u00e9glises m\u00e9tropolitaines, des \u00e9v\u00eaques, et des archev\u00eaques, tous v\u00eatus de chapes, puis les abb\u00e9s non mitr\u00e9s et les abb\u00e9s mitr\u00e9s, l\u2019abb\u00e9 de la Grande Chartreuse, le g\u00e9n\u00e9ral des Fr\u00e8res mineurs, le g\u00e9n\u00e9ral des Fr\u00e8res pr\u00eacheurs, les \u00e9v\u00eaques, dont Monseigneur de Llupia, ev\u00eaque de Valence, les archev\u00eaques dont Monseigneur Sagarriga, archev\u00eaque de Tarragone, puis venait Fra Eiximenis, Patriarche de J\u00e9rusalem, avec le Patriarche d\u2019Antioche et celui de Constantinople, et enfin les cardinaux(2).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pape s\u2019avan\u00e7ait sous un dais port\u00e9 par Bernard de Vilacorba (3), Raymond de Perillos, et les deux consuls de Perpignan, Jean Come et Jean Gravelada, entour\u00e9 des cardinaux-diacres, et escort\u00e9 de militaires. Toutes les familles du Roussillon s\u2019agenouillaient devant le vrai pape, Pedro de Luna, seul cardinal ant\u00e9rieur au schisme, les Peyrepertuse, les Llupia, les Oms, les Alenya, les Podio, les Cervello, les Batlles, et tant d\u2019autres.(4)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2- Les commentaires d\u2019Eiximenis:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les plus fid\u00e8les conseillers du pape, le moine franciscain Eiximenis, \u00e9tait aussi l\u2019un des plus originaux. Il est pour nous, le plus pr\u00e9cieux de tous ceux qui ont parl\u00e9s des vins du \u00ab&nbsp;moyen-\u00e2ge&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il se pr\u00e9sente lui-m\u00eame comme \u00e9tant n\u00e9 de parents ayant v\u00e9cus \u00e0 G\u00e9rone, sans doute vers 1330, et il re\u00e7ut le diaconat \u00e0 Barcelone en 1352. Son nom, <em>Eximene\u00e7<\/em>, ou <em>Eximenez<\/em>, provient du Basque ou Aragonais <em>Ximenez<\/em>. (5) Cette probable origine devait renforcer ses liens avec Pedro de Luna. Il fit ses \u00e9tudes \u00e0 Valence et parcourut toute l&#8217;Europe pour suivre ses \u00e9tudes de th\u00e9ologie, passant par Cologne, Rome, Avignon, Toulouse, Oxford, Barcelone, et Valencia ou il demeura de 1383 jusqu\u2019en 1408, \u00e9crivant son <em>Ter\u00e7<\/em> de&nbsp;<em>Lo Cristia<\/em>&nbsp;(\u00ab&nbsp;lou cristia&nbsp;\u00bb), en langue romane valencienne, proche du roussillonnais et du catalan. Les traductions du Cristia sont parfois curieuses et il convient de se r\u00e9f\u00e9rer au texte original pour mieux le comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo original du Cristia<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1397, le roi Martin d\u2019Aragon avait demand\u00e9 \u00e0 Eiximenis de participer \u00e0 une r\u00e9union de th\u00e9ologiens \u00e0 Saragosse pour mettre fin au schisme. Il fut fid\u00e8le au pape aragonais, et \u00e9crivit entre 1404 et 1408 un <em>Psalterium laudatorium<\/em> (6) d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Benoit XIII dans lequel il le qualifia de <em>lux ecclesie<\/em>, lumi\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise. Plusieurs cardinaux l\u2019accus\u00e8rent d\u2019avoir envout\u00e9 Benoit XIII (7). Hors, c\u2019est \u00e0 la demande du pape qu\u2019il participa au concile convoqu\u00e9 \u00e0 Perpignan, ou Benoit XIII le nomma Patriarche de J\u00e9rusalem, et Administrateur de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 d\u2019Elne, \u00e9v\u00each\u00e9 ancien et illustre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix du pape Benoit XIII est compr\u00e9hensible puisque Eiximenis lui \u00e9tait particuli\u00e8rement attach\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es, et qu\u2019il \u00e9tait natif du royaume d\u2019Aragon, comme lui. Il n\u2019y eut donc pas d\u2019envoutement, mais leurs relations devaient \u00eatre si proches que les cardinaux pr\u00e9sents au concile de Pise accus\u00e8rent Eiximenis d\u2019avoir envout\u00e9 le pape. Nous verrons que les activit\u00e9s de plusieurs personnages de la cour pontificale \u00e9taient port\u00e9es vers l\u2019alchimie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Eiximenis, le vin est avant tout sacr\u00e9. Il cite Boece \u00ab&nbsp;Dieu Notre Seigneur&nbsp;\u00bb dans sa grande sagesse, tira \u00ab&nbsp;du cep, origine et occasion de p\u00e9ch\u00e9&nbsp;\u00bb, et le rem\u00e8de contre le p\u00e9ch\u00e8 est le vin, \u00ab&nbsp;la liqueur avec laquelle on consacre le pr\u00e9cieux sang de J\u00e9sus-Christ&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;sous l&#8217;esp\u00e8ce du vin r\u00e9side le sang du Sauveur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo d\u2019Eiximenis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi toutes les \u0153uvres d\u2019Eiximenis \u00ab&nbsp;<em>Lou Cristia<\/em>&nbsp;\u00bb devait \u00eatre une somme th\u00e9ologique, mais la totalit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre ne fut jamais \u00e9crite. Eiximenis abordait les principales causes, les analysait, et en tirait une morale chr\u00e9tienne. Apr\u00e8s un premier volume sur le christianisme, le second fut consacr\u00e9 \u00e0 la tentation, et le troisi\u00e8me, <em>Lou Ter\u00e7<\/em>, aux p\u00e9ch\u00e9s et \u00e0 leurs solutions. Concernant le p\u00e9ch\u00e9 de l\u2019ivresse, il ne put s\u2019emp\u00eacher de d\u00e9crire toutes les qualit\u00e9s et les d\u00e9fauts de la boisson. Eiximenis nous rappelle les paroles de Saint Jerome (8): \u00ab <em>Luxuriosa res est vinum<\/em> \u00bb le vin est une chose luxurieuse. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et Saint Paul \u00ab <em>Nolite inebriari vino, in quo est luxuria<\/em> \u00bb Ne vous enivrez pas de vin car la luxure s\u2019y cache. \u00bb Dans un style direct, sans fard, mais moqueur et surtout moralisateur, il nous renseigne sur les vins et sur la mani\u00e8re de boire en son temps. \u00ab&nbsp;L\u2019homme chr\u00e9tien plait beaucoup \u00e0 Dieu par l\u2019abstinence de sa vie, mais aussi par la mani\u00e8re honn\u00eate dont il se nourrit.&nbsp;\u00bb, mais il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 faire dire \u00e0 un moine franciscain \u00abMon d\u00e9sir est de mourir, je vais manger jusqu\u2019\u00e0 en crever.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Lo vy fort nutritiu, e confortatiu de natura e generatiu de molts esperits, e dilata les venes e exampla lo cor, e es fort amich de la vida, a les quals coses se seguex a l&#8217;home natural goig e alegria\u00bb (9)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis \u00e9gr\u00e8ne tous les p\u00e9ch\u00e9s de gourmandise et d\u2019ivresse, puis il fait la description de l\u2019\u00e9tiquette de la table au XIVe si\u00e8cle, l\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, mais aussi des listes de vins qui sans aucun doute \u00e9taient les favoris de l\u2019auteur, qui ne peut s\u2019emp\u00eacher, sous un aspect moralisateur, de nous donner toute la liste des objets du p\u00e9ch\u00e9. On peut imaginer de quelle mani\u00e8re il avait envout\u00e9 Benoit XIII\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La \u00ab&nbsp;lettre qu&#8217;un eccl\u00e9siastique gourmand envoie \u00e0 un m\u00e9decin pour lui demander conseil sur les r\u00e8gles de vie&nbsp;\u00bb(10) donne la liste des mets et des vins qui auraient pu \u00eatre servis \u00e0 cette \u00e9poque&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Le matin, au lever, je mange un morceau de fougasse chaude, accompagn\u00e9 d\u2019une tasse de vin cuit, ou de vin grec. Au d\u00e9jeuner je mange toujours du pain \u00e0 base de fleur de farine. Je varie les viandes selon les saisons. En \u00e9t\u00e9, je consomme plut\u00f4t de jeunes coqs pr\u00e9par\u00e9s de diverses mani\u00e8res, \u00e0 la broche, \u00e0 l\u2019eau de rose, au pot avec de la sauce au verjus, en cro\u00fbte ; des chevreaux, des veaux de lait, des moutons de l\u2019ann\u00e9e, des perdreaux. En hiver : de grosses poules, des poules pleines, des chapons gras, des moutons d\u2019\u00e9levage, des perdrix, des pigeonneaux et de cailles. En automne ; de grosses grives, des pigeons, des foulques et de la chair de gibier, des cerfs, des chevreuils, du bouquetin, des li\u00e8vres et des lapins. Au printemps : des paons, des faisans, des grues et des oies venues au temps pascal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n\u2019utilise que des sauces \u00e9paisses et bouillies, ou la sauce de paon de lait de ch\u00e8vre et la moiti\u00e9 d\u2019un r\u00f4t m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 du girofle et du gingembre vert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En fin de table : des flans, des galettes fromag\u00e8res, du fromage frit au beurre fondu au feu, recouvert de sucre, sur des tartines de pain grill\u00e9. Quant au poisson, je le consomme avec des gousses et en tranches, frit, \u00e0 la casserole, au gril, en cro\u00fbte. Si je mange quelque chose \u00e0 la cuiller, ce sera de la genest\u00e9, du manger noiset\u00e9, du pignonn\u00e9, ou du coriandr\u00e9, du riz au sucre et au lait d\u2019amandes. Puis je passe aux fruits secs. Enfin je prends de la drag\u00e9e (\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant au vin blanc, je bois plut\u00f4t du grec l\u2019\u00e9t\u00e9 ; et l\u2019hiver du vin cuit, du moscatel, du malvoisie, du vin de Tribbiano, du vin corse, du vin de Candie, du Vernaccia ; enfn , de la clairette avec des oublies ou du vin miell\u00e9 aux \u00e9pices. Je veux toutefois que les oublies soient cuites avec du sucre, pulpeuses, un peu \u00e9paisses. Je ne veux pas boire de rouge de pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je bois donc l\u2019\u00e9t\u00e9, du vin calabrais de Santo Noceto, de Tropea et de Tiriolo, du picpoll de Majorque, de la roussette ou de la clairette d\u2019Avignon. L\u2019hiver, je consomme du vin de Madrid, de Castille, des vins fins espagnols, du vin de Gascogne ou du Monastrel de l\u2019Ampourdan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aux collations, je prends de mes \u00e9lectuaires divers, selon la saison, des hydromels sucr\u00e9s, pour rafraichir le foie. Parfois, des manus christi, du g\u00e2teau \u00e9ponge et de la confiture indienne fine avec un peu de gingembre confit pour bien dig\u00e9rer. Pour rafraichir les veines, quand je sens qu\u2019il fait chaud, j\u2019use de quelques sirops, sirops \u00e0 l\u2019eau ou \u00e0 la violette. Au d\u00eener, je bois de vin de Beaune ou de Saint-Pour\u00e7ain.(\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je prends des clyst\u00e8res car je n\u2019arrive pas \u00e0 \u00e9vacuer. J\u2019ai le d\u00e9sir d\u2019\u00eatre mince, je n\u2019aime pas voir les femmes se moquer de mon ventre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qui pourrait croire que ce texte date de la fin du XIVe si\u00e8cle? On penserait plut\u00f4t \u00e0 la plume de Saint-Simon, tirant un de ses portraits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, sans le vouloir, Eiximenis mentionne ces vins pour la premi\u00e8re fois, ou pour certains, la seule et unique mention avant leur disparition. D\u2019autres sont connus, et son texte apporte des renseignements pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour connaitre le caract\u00e8re d\u2019Eiximenis il faudrait \u00e9tudier toute son \u0153uvre. Dans le <em>Ter\u00e7<\/em> du <em>Cristia<\/em>, on peut entrevoir un intellectuel brillant, remarqu\u00e9 d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge et favoris\u00e9 par les puissants, comme le fut Vincent Ferrier, mais Eiximenis, au-del\u00e0 de son c\u00f4t\u00e9 moralisateur, \u00e0 une passion pour la vie, et pour la bonne vie, qu\u2019il ne condamne pas, qu\u2019il d\u00e9conseille bien-sur, mais qu\u2019il semble appr\u00e9cier. C\u2019est sans doute pour cette raison qu\u2019il inspira une affection particuli\u00e8re \u00e0 Benoit XIII. \u00ab&nbsp;Le vin dilate les veines et \u00e9largit le c\u0153ur. Il est tr\u00e8s ami de la vie. C\u2019est pour cela qu\u2019il procure \u00e0 l\u2019homme une joie naturelle et l\u2019all\u00e9gresse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pape aimait le muscat du Roussillon, et Eiximenis pr\u00e9f\u00e9rait le vin doux de Chypres, Perillous avait connu les vins de Bourgogne. Tous ces hommes aimaient boire, et nous avons conserv\u00e9 leurs \u00e9crits sur le vin et sur la mani\u00e8re de le boire et de le servir, en Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et tous ces hommes ont en commun des liens du sang.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3-Les familiers du pape, producteurs de vins en Roussillon&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cour pontificale, dans le ch\u00e2teau de Perpignan \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019eccl\u00e9siastiques et d\u2019hommes de guerre, qui \u00e9taient les serviteurs du pape&nbsp;: cam\u00e9riers, \u00e9chansons, bouteillers, chambellans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pedro de Luna, le pape Benoit XIII, avait un grand nombre d\u2019Aragonais dans son entourage, et en particulier des Roussillonnais qui formaient autour de lui une maison soud\u00e9e par de forts liens familiaux (11). Comme dans toutes les cours, les charges \u00e9taient accapar\u00e9es par les m\u00eames familles, et on retrouve dans ces m\u00eames familles, les m\u00eames fonctions au sein de la cour pontificale, et dans les cours des rois et reines d\u2019Aragon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo de gens buvant du vin \u00ab&nbsp;le <\/strong><em><strong>\u00e7eller<\/strong><\/em><strong> et la <\/strong><em><strong>sala<\/strong><\/em><strong>, au XVe si\u00e8cle&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo enluminure du Cristia<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019archev\u00eaque de Tarragone, Pierre Sagarriga, \u00e9tait Cam\u00e9rier du pape. Il commandait la flotte pontificale lors du retour d\u2019Italie, c\u2019est lui qui avait d\u00e9j\u00e0 assur\u00e9 les frais de l\u2019armada de Port-Vendres, en 1398, pour d\u00e9livrer le pape d\u2019Avignon. Il avait \u00e9t\u00e9 chanoine d\u2019Elne en 1397, puis archidiacre de L\u00e9rida en 1403 et enfin archev\u00eaque de Tarragone en 1407 (12).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pierre Sagarriga avait donc re\u00e7u une \u00e9ducation raffin\u00e9e dans une famille qui avait servi les rois d\u2019Aragon, et qui connaissait l\u2019art de choisir et de gouter les vins du Roi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le p\u00e8re de l\u2019archev\u00eaque, Francesc Sagarriga, avait \u00e9t\u00e9 gouverneur de Majorque et \u00e9chanson de Jean Ier d\u2019Aragon, le roi amateur de gentilhommerie. L\u2019\u00e9chanson du Roi, connaissait tr\u00e8s bien les vins du Roussillon puisque sa famille poss\u00e9dait des vignes sur les pentes de For\u00e7a R\u00e9al. L\u2019\u00e9chanson de Jean Ier d\u2019Aragon, \u00e9tait le successeur des <em>comes scanciorum<\/em> des rois wisigoths d\u2019Espagne, les comtes \u00e9chansons, charg\u00e9s de gouter avant le roi, pour \u00eatre s\u00fbr de la qualit\u00e9 du vin, et pour \u00e9viter le poison. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais lorsque Jean Ier mourut d\u2019un accident de chasse en 1396, il y eu une accusation. Francesc Sagarriga devait v\u00e9rifier que les liquides n\u2019\u00e9taient pas empoisonn\u00e9s, utilisant des \u00ab&nbsp;r\u00e9actifs&nbsp;\u00bb comme la fameuse corne de licorne cens\u00e9e faire r\u00e9agir la boisson infect\u00e9e de venin. Puis, l&#8217;\u00e9chanson et le sommelier, l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre et sous les yeux de tous les invit\u00e9s, go\u00fbtaient le vin qui \u00e9tait ensuite servi au roi Jean. Il avait \u00e9pous\u00e9 Clara de Pau, fille de Guillem-Bernard de Pau, d\u2019une famille poss\u00e9dant des vignes dans les Alb\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fr\u00e8re de l\u2019archev\u00eaque, Raymond Sagarriga, fut le chambellan de la reine Yolande d\u2019Aragon, son fils devint plus tard l\u2019\u00e9chanson du futur Jean II, l\u2019ain\u00e9e de ses filles fut mari\u00e9e \u00e0 Alemany de Cervello, puis la seconde au vicomte d\u2019Evol, propri\u00e9taire du vignoble favori de Pierre IV, et la derni\u00e8re \u00e0 Perillos, familier du pape.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre fr\u00e8re eut une fille unique, Eularia Sagarriga, qui fut mari\u00e9e \u00e0 Sancho de H\u00e9r\u00e9dia, parent de Juan Fernandez de H\u00e9r\u00e9dia, pre humaniste, h\u00e9l\u00e9niste, \u00e9v\u00eaque de Vic, neveu du Grand Maitre de Rhodes, ami de Yolande d\u2019Aragon, et parent des Luna, la famille du pape(13). Il y avait donc des liens du sang entre les familles roussillonnaises, la famille d\u2019Aragon, qui est en fait la famille de Barcelone et de Cerdagne, et les familles du vieux comt\u00e9 d\u2019Aragon, comme les Luna et les H\u00e9r\u00e9dia.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo armoiries \u00ab&nbsp;Rodrigo Luna, Mas Deu, 1408&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un des oncles, nomm\u00e9 lui aussi Francesc Sagarriga, \u00e9tait \u00e9chanson du roi d\u2019Aragon, en 1373, et avait des vignes \u00e0 Casefabre. De son mariage avec Huguette de Peyrepertuse-Corbera, il eut Marguerite Sagarriga, qui fut l\u2019\u00e9pouse de Bernard d\u2019Oms, le commandant du ch\u00e2teau de Perpignan charg\u00e9 d\u2019accueillir le pape. Ce Bernard d\u2019Oms \u00e9tait le cousin germain de Guillem d\u2019Oms, seigneur de Calmella et d\u2019Oms, \u00e9poux de Jacma des Puig, l\u2019h\u00e9riti\u00e8re du vignoble de Taxo. Les Oms poss\u00e9daient de nombreux vignobles en Roussillon, leur premi\u00e8re vigne \u00e9tant attest\u00e9e \u00e0 Trouillas en 1172, pr\u00e8s du Reart. Ils avaient des vignes sur leurs terres de Calmella et d\u2019Oms, dans les Aspres arides, puis par voie de succession, dans la Salanque et \u00e0 Taxo d\u2019Avall dont ils h\u00e9rit\u00e8rent en 1424 (14)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Peyrepertuse \u00e9taient une famille importante du Roussillon, chass\u00e9s de leurs terres des Corbi\u00e8res par les barons fran\u00e7ais lors de la croisade contre les Albigeois, ils \u00e9taient venus s\u2019installer sur leurs terres d\u2019Ortaffa, qu\u2019ils avaient h\u00e9rit\u00e9es des Durban, ou ils produisaient du vin. Le p\u00e8re, Berenguer IV de Peyrepertuse, dit Ortaffa, avait \u00e9t\u00e9 le majordome de Yolande d\u2019Aragon, l\u2019\u00e9pouse du roi Jean, lorsque la cour \u00e9tait \u00e0 Perpignan. Il connaissait Bellca\u00efre, le bouteiller de la reine, qui servait de messager entre la reine et le cardinal de Saluces en 1396. Apr\u00e8s la mort du roi Jean, et le retrait progressif de la reine, Peyrapertusa avait retrouv\u00e9 son fief d\u2019Ortaffa, dont il portait quelquefois le nom. Bien qu\u2019Ortaffa soit une excellente terre, avec un magnifique ch\u00e2teau, la maison de Peyrepertuse ne pouvait perdre ses origines&nbsp;: le Peyrapertus\u00e9s, une ancienne vicomt\u00e9 du Besalu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La s\u0153ur d\u2019Huguette, Brunissenda de Peyrapertuse, avait \u00e9pous\u00e9 Ferrer de Sant Marti, un des participants \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition de 1398, et leur fils, Gabriel de Sant-Marti-Peyrepertusa, devait \u00e9pouser, en 1433, Blanquina des Puig, fille de Mathias, une des h\u00e9riti\u00e8res du vignoble de Taxo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur fr\u00e8re, Berenger V de Peyrapertusa-Ortaffa avait \u00e9pous\u00e9 en 1397 Aldon\u00e7a de Cruylles, Dame de Yolande d\u2019Aragon, dont le p\u00e8re, Berenguer de Cruylles, avait avanc\u00e9 de l\u2019argent \u00e0 l\u2019armada de 1398, et leur fils, Pierre, devait \u00e9pouser en 1420, Isabel, fille de Bernard de Vilacorba, le familier du pape.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019oncle maternel de Pierre Sagarriga, Franscec de Pau, \u00e9tait le fils de Guillem de Pau, seigneur de Cerb\u00e9re, branche cadette de la famille des Abelles, et de Fran\u00e7oise Amourous, fille de Berenger Amourous, donzell d\u2019Argeles, qui avait contribu\u00e9 \u00e0 armer la flotte du pape en 1398, \u00e0 Port-Vendres. La <em>Casa d\u2019en Amourous<\/em> \u00e9tait le ch\u00e2teau d\u2019Argel\u00e8s, que Pierre IV avait d\u00fb prendre d\u2019assaut pour soumettre la ville, fid\u00e8le au roi de Majorque en 1344. Ils avaient des vignes sur le territoire d\u2019Argel\u00e8s. Le seigneur des Abelles Jean de Pau, lui-m\u00eame propri\u00e9taire de vignes sur le terroir de Banyuls, \u00e9tait un familier de Benoit XIII \u00e0 Avignon.(15)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi l\u2019archev\u00eaque de Tarragone, Pierre Sagarriga, entour\u00e9 de sa nombreuse parent\u00e8le, devait au Souverain Pontife qui l\u2019avait choisi, non sans calculs, comme son cam\u00e9rier, un service d\u2019\u00e9chanson, servant \u00e0 boire au pape lors des diners officiels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo d\u2019un vieux cep du Roussillon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au plus pr\u00e8s du pape Luna et de son familier Eiximenis, se trouvait Raymond de Perillous \u00ab&nbsp;per nobilem virum dominum Raimondis de Perilionibus et de Roda&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Raymondus dei gracia<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">vicecomes de perilionibus et de roda&nbsp;\u00bb, qui avait re\u00e7u le titre de Vicomte de Perillous en 1391, car il \u00e9tait conseiller et chambellan de Jean Ier d\u2019Aragon, Capitaine d\u2019Avignon en 1398, ambassadeur de Benoit XIII \u00e0 Paris avec Gerald de Cervillon en 1398.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme je suis Roussillonnais je dirais Perillous et non Perellos, d\u2019ailleurs les Bourguignons l\u2019appelaient Perilleux. Raymond de Perillous tenait le dais du pape, le 15 novembre 1408 pour aller en procession entendre la messe du Saint Esprit \u00e0 la Real.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La fortune des Perillous venait sans aucun doute de leur contribution aux guerres de Pierre IV d\u2019Aragon, el del punyalet, l\u2019usurpateur du royaume de Majorque, qui fit leur p\u00e8re, Francesc de Perillous, \u00ab&nbsp;rico hombre&nbsp;\u00bb en 1366. Leur m\u00e8re \u00e9tait Constance de Fenouillet, illustre famille de l\u2019ancien comt\u00e9 de Besalu, rest\u00e9 fid\u00e8le aux rois d\u2019Aragon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec son fr\u00e8re, Pon\u00e7 de Perillous (Poncium de Perilionibus) et ses fils, ils firent un voyage en Irlande, suite au d\u00e9c\u00e8s de Jean Ier dont Pon\u00e7 \u00e9tait le majordome, accus\u00e9 d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 un complot ayant permis la mort du roi, non confess\u00e9. C\u2019est pour rencontrer l\u2019\u00e2me du roi dans le purgatoire de Saint Patrick qu\u2019ils se rendirent en Irlande. Au retour, Raymond \u00e9crivit le \u00ab&nbsp;Viatge del Viscomte Raymond de Perillous i de Roda, fet al Purgatori nomenat de Sant Patrici&nbsp;\u00bb vers 1398. C\u2019est suite \u00e0 ce voyage qu\u2019il devint conseiller du pape.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pon\u00e7, \u00e9tait seigneur de Montner puis de Rigarda et Glorianes, et poss\u00e9dait une maison \u00e0 Millas, pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise et du cimeti\u00e8re, dont l\u2019inventaire fut demand\u00e9 apr\u00e8s sa mort en 1426.(16)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s \u00eatre devenu chambellan de la reine Yolande en 1398, puis ambassadeur du roi Martin en 1399, pour la France et Avignon, Pon\u00e7 re\u00e7ut des rentes sur la peixateria de Perpignan et la reine veuve lui vendit les lieux de Llauro, Tresserres avec la juridiction de Nidol\u00e9res, et Villemolaque, ou se trouvaient de nombreuses vignes. Il fut informateur de la reine Yolande lorsqu\u2019il \u00e9tait ambassadeur \u00e0 la cour de Bourgogne de 1405 \u00e0 1409 nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Jean Perilleux&nbsp;\u00bb dans l\u2019hotel de Jean-sans-Peur (17)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">dont il devint chambellan en 1407. Il ne put manquer de gouter les vins de Bourgogne et plus particuli\u00e8rement ceux de la Franche-Comt\u00e9. Familier de la culture bourguignonne et flamande par son mariage avec Marie de Steenhout, dame de Yolande, qui les uni en 1380, (18), il avait pris les habitudes de cette cour des ducs de Bourgogne ou il y avait un premier sommelier de corps, six sommeliers de chambre et six sommeliers de corps. Les deux fr\u00e8res Perillous re\u00e7urent le roi Don Martin \u00e0 Millas, en 1405, et Pon\u00e7 vint y terminer ses jours en 1425, laissant sa maison dont il nous reste l\u2019inventaire complet (19).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En f\u00e9vrier 1399, Bernardo de Podio (20) fut nomm\u00e9 ambassadeur en France, par le roi Martin de Sicile, fils du roi Martin d\u2019Aragon, la m\u00eame ann\u00e9e que le vicomte de Perillous et que Geraldus de Cervilione(21), qui \u00e9taient ambassadeurs de Benoit XIII, en France (22). Podio \u00e9tait Roussillonnais, \u00ab&nbsp;Bernardus de Podio, miles cui rex dedit licenciam quod posset fecere Regi officium Vicarii Rossilionis, quosque fuerit de partibus Francia reversus, ad quas ivit cum aliquibus nostris ambassatoribus. \u00bb (23). Il fut \u00e9galement ambassadeur du roi Martin, aupr\u00e8s du Saint-Si\u00e8ge, avant 1410. En 1402, il \u00e9tait viguier du Roussillon et du Vallespir, et se livrait au commerce et exportait vers Valencia du bl\u00e9 et du vin (24). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Issu d\u2019une famille qui avait soutenu les rois de Majorque jusqu\u2019au dernier jour (25), son oncle Berenguer des Puig, \u00e9tait chanoine et Cam\u00e9rier de La Real et avait eu l\u2019honneur de porter la bulle du pape au roi Martin l\u2019Humain, pour unifier les Ordres de Maria Santissima de Montesa et de Saint Georges, en 1400 (26). Pendant le concile de 1409, il eut l\u2019honneur de recevoir le pape Benoit XIII dans l\u2019\u00e9glise de La Real \u00e0 Perpignan. Il avait des vignes et des salines \u00e0 Saint-Hippolyte en Salanque, qu\u2019il donna en h\u00e9ritage \u00e0 la fameuse famille Albert. Mossen Mathias des Puig, neveu de Bernard, avait des vignes sur les termes de Taxo et de Moussellous (27), dont nous avons encore l\u2019inventaire du cellier&nbsp;; ses filles \u00e9pous\u00e8rent Gabriel de Sant-Marti y Peyrapertusa, et Guillem d\u2019Oms, issus de familles de l\u2019entourage du pape et d\u2019Eiximenis, d\u00e9j\u00e0 comment\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo 20170823_094823&nbsp;: ADPO 1 E 319 inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Mossen Mathias de Podio.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis deux si\u00e8cles d\u00e9j\u00e0, les familles roussillonnaises envoyaient leurs cadets \u00e0 la conqu\u00eate de nouveaux territoires et de nouveaux march\u00e9s. Martin l\u2019Humain le r\u00e9sume admirablement dans son discours d\u2019ouverture des Corts de Catalunya, Rossillo y Cerdanya, en 1406 \u00e0 Perpignan, \u00ab&nbsp;quan Godofr\u00e9 de Billo ana conquistar en la Terra Santa, on trobam que anaren ab ell e ab lo comte Giraut gran colp de Rossillonesos&nbsp;\u00bb (28)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis avait v\u00e9cu \u00e0 Valencia de nombreuses ann\u00e9es et connu Hug de Llupia qui fut ev\u00eaque de Valencia pendant 30 ans (29). Il \u00e9crivit \u00ab&nbsp;La Pastorale&nbsp;\u00bb qu\u2019il d\u00e9dia \u00e0 Monseigneur de Llupia.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mossen de Llupia \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Bages vers 1350, d\u2019abord \u00e9v\u00eaque de Tortosa, il fut envoy\u00e9 en ambassade pour demander la main de Yolande de Bar en 1379 pour le futur Jean Ier d\u2019Aragon, et il accompagna la future reine \u00e0 Perpignan en 1380. En 1395 il alla chercher Martin d\u2019Aragon en Sicile pour succ\u00e9der au roi Jean. Il participa en 1397 \u00e0 la visite du roi Martin l\u2019Humain au pape Benoit XIII \u00e0 Avignon, ou celui-ci confirma la concession du royaume de Sicile au fils du roi Martin, Martin le Jeune, et nomma Hug de Llupia \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de Valencia. Il resta parfaitement fid\u00e8le \u00e0 Benoit XIII et fut pr\u00e9sent au Concile de Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son fr\u00e8re, Raymond de Llupia, seigneur de Bages, infatigable batailleur en Castille, en Sicile, en Sardaigne, conseiller et \u00ab&nbsp;algutzir&nbsp;\u00bb du roi Jean puis du roi Martin, soutint la cause de Jaume d\u2019Urgell. Les rois lui donn\u00e8rent de nombreux fiefs dont Montclar en Catalogne, La Bastide en Roussillon, Xativa \u00e0 Valencia et Caltavuturo en Sicile. Les Llupia poss\u00e9daient de nombreuses vignes \u00e0 Llupia et \u00e0 Bages (30). C\u2019est sa fille, Bartomeua de Llupia y Cervello, qui \u00e9pousa B\u00e9renguer Batlle en Octobre 1408, (31) dont l\u2019inventaire des biens nous permet de connaitre l\u2019inventaire du cellier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Batlle sont une tr\u00e8s ancienne famille originaire du comt\u00e9 d\u2019Ampurias, arriv\u00e9s \u00e0 Perpignan vers 1272, ou leur a\u00efeul \u00e9tait conseiller de Jacques le Conqu\u00e9rant. Arnau Batlle (32) avait obtenu en fief le Castell Vell de Salses (33). Son fils Berenguer, \u00e9v\u00eaque d\u2019Elne, avait commenc\u00e9 la construction de l\u2019\u00e9glise Saint Jean de Perpignan, actuelle cath\u00e9drale, en 1321 sous le r\u00e9gne de Sanche de Majorque, puis il fut \u00e9v\u00eaque de Majorque. Son fr\u00e8re, Pierre, fut arm\u00e9 chevalier, et son descendant, Francesc, fut Cam\u00e9rier du roi Martin en 1396. C\u2019est le fils de Francesc, B\u00e9renguer Batlle, qui \u00e9pousa Bartomeua de Llupia, ni\u00e8ce de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Valencia pour qui Eiximenis d\u00e9dia sa Pastorale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Batlle avaient plusieurs r\u00e9sidences, lorsque Berenguer d\u00e9c\u00e9da en 1426. On peut imaginer qu\u2019il fut en faveur de la nouvelle dynastie, la troisi\u00e8me depuis leur installation en Roussillon. Cette famille poss\u00e9dait \u00e9galement un vignoble en Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est Barth\u00e9l\u00e9my Batlle, subcollecteur de la Chambre apostolique du dioc\u00e8se d\u2019Elne, qui paya en Juin 1413, tous les frais qu\u2019avait entrain\u00e9 la maladie de Francesc Eiximenis en 1409. (34)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut pr\u00e9ciser que Bartomeua de Llupia, \u00e9pouse de Berenguer, \u00e9tait la fille de Sibille de Cervellon, proche parente de G\u00e9rard de Cervellon, ambassadeur de Benoit XIII en 1399 avec Perillos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9re de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Valencia, Hugue de Llupia, \u00e9tait une Rovenac, et avait deux s\u0153urs, l\u2019une \u00e9pousa Raymon II de Perillos et mourut avant 1383, et l\u2019autre un Alenya, dont le fils , Bernard d\u2019Alenya vivait en 1393. Ces Alenya \u00e9taient donc proches parents des Llupia et des Perillos, et surtout des Puig de Moussellous, sur l\u2019actuelle commune d\u2019Alenya, mais aussi parents par alliance avec les Cervellon et les Batlle. C\u2019est de leur inventaire, de 1446, dont je ferai souvent mention (35).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi toutes les familles Roussillonnaises ayant servi le pape je ne peux oublier celle des Rivesaltes, dont Jean de Rivesaltes, ou de Rippisaltis, qualifi\u00e9 dans les actes de Gabriel Resplant, qui \u00e9tait sacriste de l\u2019\u00e9glise Saint Jean de Perpignan, Il \u00e9tait probablement apparent\u00e9 aux Batlle par Antoni-Francesc (mort vers 1442), fils de Berenguer Batlle et de Bartomeua de Llupia, \u00e9poux de Margarida de Ribesaltes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le moine Vicens Ferrer, lui aussi \u00e9tait pr\u00e9sent au concile. C\u2019est lui qui instaurera la procession du Tr\u00e8s Pr\u00e9cieux Sang de Notre Seigneur en 1416, \u00e0 Perpignan. Il n\u2019\u00e9tait pas Roussillonnais, mais son personnage est tellement important que je ne peux m\u2019emp\u00eacher de le citer, certains consid\u00e8rent qu\u2019il fut, \u00e0 Casp, traitre \u00e0 son roi, puis, plus tard, \u00e0 son pape. Ordonn\u00e9 pr\u00eatre par Benoit XIII en 1378, ann\u00e9e terrible, et canonis\u00e9 par les Borgia en 1455.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par leurs fonctions, tous ces hommes servaient la famille royale d\u2019Aragon et de Sicile, et le pape, \u00e0 Avignon, Perpignan et Barcelone. Ils connaissaient les vins, et participaient \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parall\u00e8le entre Eiximenis et les familiers du pape n\u2019est pas difficile \u00e0 faire, et il est certain que ces hommes se sont crois\u00e9s quotidiennement, et se sont connus \u00e0 Avignon puis dans la longue errance de Benoit XIII jusqu\u2019en Aragon. Ils avaient connus personnellement Eiximenis qui partageait avec eux une origine commune.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019aimerai parler de toutes les familles qui ont entour\u00e9 notre pape Pedro de Luna, et notre roi Martin, en 1409, ann\u00e9e fatidique qui marque la fin d\u2019un monde pour les anciennes maisons des Comt\u00e9s, mais la place manque pour tous ces Garau, Carbonell, Metge, Comes, Graveladas, Estanybos, Volo, Vilarig, \u00e7a Trillas, Roig, Xatmar, Aybri, Rocafort, Fenollet, Mir, Callar, Tallavis, et toutes les autres anciennes maisons du Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vin est li\u00e9 \u00e0 la terre, et la terre est li\u00e9e au sang. On ne peut pas comprendre le monde du vin, si on ne comprend pas les liens du sang.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4-Leurs vignobles&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes ces familles poss\u00e9daient des vignobles qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec les grandes \u00e9tendues de vignes que nous avons aujourd\u2019hui. Peut-on parler de vignoble&nbsp;? Il s\u2019agissait plut\u00f4t de vignes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous dirions &nbsp;<em>vinyer<\/em>, mais l\u2019occitan dirait&nbsp;<em>vinhobre<\/em>, d\u2019o\u00f9 le fran\u00e7ais \u00ab&nbsp;vignoble&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>photo \u00ab&nbsp;vinyes de Tatzo&nbsp;\u00bb transcription de la main d\u2019Alart, de l\u2019original ADPO 1<\/strong><strong>E 319 de 1424. (36)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Roussillon \u00e9tait un \u00ab&nbsp;pays d&#8217;alleux&nbsp;\u00bb, dont les possesseurs \u00ab&nbsp;ne d\u00e9pendent que de Dieu&nbsp;\u00bb, terres sans seigneurs, en g\u00e9n\u00e9ral h\u00e9rit\u00e9es. Les vignes \u00e9taient parfois en franc-alleu. Certains avaient leurs terres en fiefs, ou avaient transform\u00e9s leur alleu en fief, tenu en hommage et fid\u00e9lit\u00e9 au roi, mais l\u2019usage s\u00e9parait ch\u00e2teau et fief, comme les Peyrepertuse, qui poss\u00e9daient en fief Ortaffa, ou les Batlles qui avaient le Castell vell de Salses en fief, et \u00ab&nbsp;item una vinya en los termenes del mas de la garriga&nbsp;\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;ancien r\u00e9gime est compliqu\u00e9e et je ne me risquerai pas \u00e0 essayer de d\u00e9chiffrer la situation juridique des familles du Roussillon au XVe si\u00e8cle. Simplement, je remarque que leurs vignes sont parfois mentionn\u00e9es \u00e0 part.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les m\u00eames familles on trouve diff\u00e9rents qualificatifs, comme dans le cas de Francesch de Pau, qui est qualifi\u00e9 de <em>miles<\/em>, puis <em>domicellus<\/em>, et m\u00eame de patron de barque (37) ou les Amourous qui sont <em>donzells<\/em> (38), <em>miles<\/em>, puis <em>pag\u00e8s<\/em>. L&#8217;importance des alleutiers ou <em>aloers<\/em> (39), en Roussillon est diverse, riches <em>pagesos, homes de paratge,<\/em> parfois <em>militars<\/em> (<em>miles<\/em>) ou pauvres cultivateurs. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La qualification de <em>pag\u00e8s <\/em>appara\u00eet au XIVe si\u00e8cle, dans des textes en langue romane. Le <em>pagus<\/em> est l\u2019habitant du <em>&nbsp;pagi<\/em> ou \u00ab&nbsp;pays&nbsp;\u00bb, c\u2019est donc \u00e0 proprement parler, un \u00ab&nbsp;paysan&nbsp;\u00bb ou plus exactement un paysan-vassal. Le paysan est<em>&nbsp;rusticus<\/em>, mais le vassal est&nbsp;<em>homo propius vel solidus.<\/em> Le cas de Bernardo des Podio est int\u00e9ressant, car il apparait plusieurs fois en sa qualit\u00e9 de viguier <em>Ofiicium Vicarii Rossilionis<\/em>, ou de marchand, mais dans un acte de 1386 concernant un mas \u00e0 Conjunta, il est mentionn\u00e9 avec son \u00e9pouse Guillema-Martina, comme<em>&nbsp;home propre i soliu&nbsp;<\/em>du chevalier Ermegau des Fonts, c\u2019est-\u00e0-dire un simple vassal.(40)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Les r\u00e9voltes du XVe si\u00e8cle, comme celles des <em>pag\u00e9s de remen\u00e7a<\/em> en Catalogne, qui ne concernent certes pas le Roussillon, mais qui montrent , si on porte un regard objectif sur les documents d\u2019\u00e9poque, que les familles \u00e9taient inscrites dans un ordre vassalique. En 1402, la reine Maria de Luna, \u00e9pouse du roi Martin d\u2019Aragon, parente du pape Benoit XIII, essaya de supprimer la <em>remen\u00e7a<\/em> et d\u2019autres <em>mals-usos<\/em> applicables aux nombreux vassaux des communaut\u00e9s religieuses. (41) Le <em>remence<\/em>, ou paysan-vassal, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme propri\u00e9taire du \u00ab&nbsp;domaine utile&nbsp;\u00bb qu\u2019il pouvait transmettre \u00e0 ses descendants ou qu\u2019il pouvait hypoth\u00e9quer avec l\u2019accord du d\u00e9tenteur du \u00ab&nbsp;domaine direct&nbsp;\u00bb, son seigneur. (42)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser, la situation des familles \u00e9voluait fortement au cours du temps. Par exemple les Taxo ou Tatzo, qui \u00e9taient l\u2019une des familles les plus illustre du Roussillon au XIIe si\u00e8cle, descendants des comtes de Roussillon, se retrouvent simple <em>domicellus<\/em> au XIVe (<em>donzells<\/em>, damoiseaux) puis <em>pagesos<\/em>&nbsp;dans le fogatge de 1553, m\u00eame histoire pour les Amourous&nbsp;; il est donc difficile de donner un qualificatif pour ces familles ou une d\u00e9finition exacte de la \u00ab&nbsp;propri\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb viticole de cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Phot 20170823_110534&nbsp;Transcription de la main d\u2019Alart&nbsp;, cartulaire ADPO 2J1\/9&nbsp;de l\u2019original ADPO 1 E 319. Ramon Tatzo est encore seigneur au XIVe si\u00e8cle, et Puig est son vassal.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les documents de cette \u00e9poque parlent de ces vignes, mais ne nous donnent pas de d\u00e9tails Nous ne savons presque rien sur les c\u00e9pages et encore moins sur les terroirs. Une fois de plus les \u00e9crits d\u2019Eiximenis sont importants car ils nous donnent quelques rares renseignements sur les c\u00e9pages utilis\u00e9s dans son monde, qui \u00e9tait avant tout celui de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne trouve pas de mentions pr\u00e9cises sur les terroirs, mais je constate que les vignes sont mentionn\u00e9es parfois fort loin, ce qui prouve l\u2019int\u00e9r\u00eat pour cette culture, et pour la qualit\u00e9 du vin que l\u2019on y produisait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon exp\u00e9rience agricole me permet de constater tous les jours, sur les parcelles du Roussillon, le remarquable choix des paysans qui ont trac\u00e9s les parcelles et pos\u00e9s les <em>Termes<\/em>, les bornes, bien avant le cadastre actuel, en respectant scrupuleusement les diff\u00e9rences de terroir. Les \u00ab&nbsp;termes&nbsp;\u00bb d\u00e9signent, en Roussillonnais, les terres, jusqu&#8217;aux limites de celles-ci. L\u2019origine en est le dieu Terme, sacralisant la borne au-del\u00e0 de laquelle la possession est termin\u00e9e. Cela montre les connaissances de ceux qui ont born\u00e9, probablement dans l\u2019antiquit\u00e9, et le pouvoir sup\u00e9rieur qui permettait de mettre d\u2019accord les exploitants sur le bornage, en respectant les terroirs. Je ne crois pas que ces bornages datent du moyen \u00e2ge. Ils sont d\u2019une antiquit\u00e9 organis\u00e9e, avec des hommes parfaitement consciencieux, mais avec une autorit\u00e9 sage et respect\u00e9e qui n\u2019existait plus apr\u00e8s la fin de l\u2019Empire Romain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est une \u00e9poque ou la constitution de vignobles important commence. La cr\u00e9ation du vignoble de Chateauneuf du Pape date des ann\u00e9es 1360. Les moines b\u00e9n\u00e9dictins, les fondations cisterciennes ont multipli\u00e9 les vignobles au XIIIe si\u00e8cle. Les chevaliers de Saint Jean de J\u00e9rusalem organisaient des vignobles au mas Deu, Nyils, Terrats, Conjunta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La plupart des mentions parcellaires sont extr\u00eamement impr\u00e9cises, comme ce document sur Taxo&nbsp;: <em>\u00abprimo lo castell de Taxo e termes de aquell \u00bb<\/em>. On ne connait pas les limites exactes, qui devaient pourtant bien exister puisque les bornages sont souvent tr\u00e8s anciens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>photo20170823_110828 Donation de soixante ayminades de terres par le roi En Marti (L\u2019Humain) \u00e0 Mossen Mathias, vers 1396-1410.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que savons-nous des vignes&nbsp;de cette fin du moyen-\u00e2ge? \u00e9taient-elles sur espaliers, sur \u00e9chalas&nbsp;ou montaient-elles aux oliviers&nbsp;<em>? vineam unam cui suis pomiferis, vinea cum suis arboribus<\/em>&nbsp;? (43)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Collioure au XIIIe si\u00e8cle, seulement quelques parcelles \u00e9taient en treilles, mais le Capbreu de cette \u00e9poque est-il repr\u00e9sentatif de la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;? En Roussillon au XXe si\u00e8cle il y avait des parcelles plant\u00e9es de vignes et d\u2019oliviers ou d\u2019abricotiers, malheureusement l\u2019INAO nous a oblig\u00e9 \u00e0 les arracher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Combien y avait-il de pieds \u00e0 l\u2019hectare&nbsp;? 5000 pieds \u00e0 l\u2019hectare en Languedoc au Moyen-Age, alors qu\u2019il y en avait davantage durant l\u2019Antiquit\u00e9.(44) 3000 \u00e0 4000pieds\/ha en Roussillon&nbsp;? (45)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est difficile de reconstituer les vignobles du XVe si\u00e8cle, car nous n\u2019avons pas encore trait\u00e9 tous les documents qui sont parvenus jusqu\u2019\u00e0 nous. Dans les Capbreus qui existent encore, nous constatons l\u2019importance de la vigne, jusqu\u2019\u00e0 720 parcelles de vignes \u00e0 Collioure vers la fin du XIIIe si\u00e8cle. Mais qu\u2019en \u00e9tait-il au XVe&nbsp;? A Collioure le principal propri\u00e9taire viticole \u00e9tait Guillem Puig d\u2019Orfila \u00e0 la fin du XIIIe si\u00e8cle, et nous voyons Dalmau de Biert, bailli g\u00e9n\u00e9ral de Catalogne, ambassadeur du roi d\u2019Aragon au concile de 1408, qui h\u00e9ritait de biens \u00e0 Collioure, provenant de sa m\u00e8re, Elicsenda Amourous, fille de Fina Puig d\u2019Orfila, et ni\u00e8ce de Dalmau de Taxo.(46). Il y a donc bien eu une transmission h\u00e9r\u00e9ditaire, par les Puig d\u2019Orfila ou par les Taxo (47), car le vignoble des Amourous \u00e9tait \u00e0 Argel\u00e9s, ainsi qu\u2019\u00e0 Bages et Trouillas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmis les sept ambassadeurs du roi d\u2019Aragon, outre Dalmau de Biert, nous trouvons un fr\u00e8re de Francesch Eiximenis, Joan Eximene\u00e7, qui \u00e9tait confesseur du roi Martin, et Raymond Xatmar. Ces Xatmar avaient des terres \u00e0 Tresserres, dans la nouvelle baronnie des Perillous.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Perillous devait s\u2019\u00e9tendre sur les collines de Montner, et leur cave de Millas devait \u00eatre approvisionn\u00e9e par ce vin, mais rien ne le prouve dans leur inventaire. Pon\u00e7 avait \u00e9galement acquit de la reine Yolande, les terres de la baronnie de Tresserre, dont Nidol\u00e8res, Villemolaque, Passa, ainsi que Llauro, ou il y avait de belles vignes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Sagarriga avaient des vignes sur les pentes de For\u00e7a Real, jusqu\u2019au XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Alenya ne semblait pas \u00eatre \u00e0 Alenya, mais \u00e0 Orles, \u00abprimo une vigne appel\u00e9e la Baillaury dans le territoire de St Etienne d\u2019Orulo attenante \u00bb (\u2026) \u00ab des terres et possession \u00bb, ce qui permet de constater que la vigne de \u00ab la Baillaury \u00bb \u00e9tait importante, sans doute pour la qualit\u00e9 de son vin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Batlle \u00e9tait \u00e0 Salses. Dans le ch\u00e2teau de Salses il y avait des biens meubles et immeubles qui sont au Ch\u00e2teau Vieux, dont ce qui suit : \u00ab&nbsp;primo, le Ch\u00e2teau Vieux avec toutes ses terres et d\u00e9pendances du dit ch\u00e2teau. Dans la d\u00e9pendance des terres du dit ch\u00e2teau, il y a une quantit\u00e9 de ruches, qui sont environ une centaine o\u00f9 il y a du miel (\u2026), une vigne dans le territoire du mas de la Garrigue.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Item dels bens mobills e immobils quis son a Castell Vell son quis seguexen:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">primo, Castell Vell ab totes ses terres e pertinencies del dit Castell.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En una pertinencia de les terres del dit Castell ha una quantitat de buchs que&nbsp;(\u2026)\u00bb (48)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Pau \u00e9tait \u00e0 Cerb\u00e8re, li\u00e9 \u00e0 celui des Abelles, \u00e0 Banyuls sur mer, unis par les liens du sang et d\u00e9sunis par ceux des guerres fratricides.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celui des Peyrapertusa, expuls\u00e9s de Peyrepertuse par Simon de Montfort deux si\u00e8cles auparavant, \u00e9tait \u00e0 Ortaffa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Sant-Marti \u00e9tait \u00e0 Sant-Marti de Fenouillar, entre Lou Boulou et Maurellas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Llupia-Bages \u00e9tait \u00e0 Bages, mais l\u2019autre branche de la famille poss\u00e9dait des vignes \u00e0 Llupia et autour de la chapelle de Vilar Mila(49).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vignoble des Oms \u00e9tait \u00e0 Calmelles, mais ils avaient d\u00e9j\u00e0 des vignes un peu partout, et la branche de Bernard d\u2019Oms dont il est question dans cet article, avait h\u00e9rit\u00e9 le castell de Corbera par les Sagarriga-Peyrepertuse-Corbera. (50). La branche cadette des Oms de Calmeille h\u00e9rita du vignoble de Taxo apr\u00e8s 1424, \u00e0 la mort de Mathias des Puig \u00ab&nbsp;primo lo castell de Taxo e termes de aquell&nbsp;\u00bb,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Evidemment, toutes ces familles n\u2019\u00e9taient pas du m\u00eame rang, et n\u2019avaient pas les m\u00eames origines. On ne peut comparer un Peyrepertuse, famille de militars, avec un Batlle, famille bourgeoise, ou un Puig, famille terrienne, mais tous poss\u00e9daient des vignobles pour produire du vin, et comme nous ils conservaient leurs vins pendant des g\u00e9n\u00e9rations dans leurs tonneaux imm\u00e9moriaux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5-Leurs c\u00e9pages.<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous savons tr\u00e8s peu de choses sur les c\u00e9pages utilis\u00e9s au XVe si\u00e8cle, mais le peu que nous sachions nous renseigne sur les gouts de nos a\u00efeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Muscat \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9. Venait-il de Gr\u00eace&nbsp;? Ramen\u00e9 par les crois\u00e9s et les marchands roussillonnais qui seraient pass\u00e9s \u00e0 Muskuti&nbsp;? Ou serait-ce un apport des Byzantins, de l\u2019\u00e9poque de la grand-m\u00e8re de Jacques le Conqu\u00e9rant, Eudoxie Comm\u00e8ne, ni\u00e8ce de l\u2019Empereur byzantin, au XIIe si\u00e8cle&nbsp;? Il ne faut pas sous-estimer les rapports qui existaient avec les familles de Constantinople.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On a pr\u00e9tendu que les G\u00e9nois avaient ramen\u00e9s ces c\u00e9pages de Chio, suite \u00e0 leur prise de Chio en 1261, car les habitants de cette \u00eele faisaient du commerce avec l\u2019ancienne Phrygie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ou est-ce simplement un c\u00e9page pr\u00e9sent depuis la plus ancienne antiquit\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons toujours l\u2019impression que toutes les connaissances furent perdues apr\u00e8s la chute de l\u2019Empire Romain, et que tout ce qui est raffin\u00e9 provient de l\u2019ancienne Gr\u00e8ce. Mais l\u2019imposture d\u2019une red\u00e9couverte de la culture Grecque au XVe si\u00e8cle est maintenant d\u00e9montr\u00e9e. Les europ\u00e9ens du \u00ab&nbsp;moyen-\u00e2ge&nbsp;\u00bb n\u2019avaient pas oubli\u00e9 les acquis de l\u2019Antiquit\u00e9, et il semble que la culture de la vigne et des c\u00e9pages antiques soit rest\u00e9 pr\u00e9sente dans l\u2019ancienne Narbonnaise depuis la fin de l\u2019Empire Romain, et corresponde \u00e0 l\u2019 \u00ab&nbsp;uva apianae&nbsp;\u00bb cit\u00e9e par les agronomes romains. L\u2019uva apianae&nbsp;serait le \u00ab&nbsp;raisin des abeilles&nbsp;\u00bb, mais l\u2019uva appianis&nbsp;serait le raisin des habitants de la Phrygie. Cette uva apianae \u00e9tait-elle un muscat \u00e0 gros grains, comme l\u2019Alexandrie, ou \u00e0 petits grains&nbsp;? L\u2019Alexandrie vient-il d\u2019Espagne, de Malaga par Valencia&nbsp;; ou \u00e9tait-il d\u00e9j\u00e0 cultiv\u00e9 en Roussillon pour la table ou comme raisin sec&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re mention du \u00ab&nbsp;Muscat&nbsp;\u00bb se trouve dans les <em>Chroniques<\/em>, de Froissart, ou les compagnons du Prince Noir arriv\u00e9s \u00e0 Narbonne en 1355 \u00ab&nbsp;burent du vin \u00e0 foison et du muscat&nbsp;\u00bb. La diff\u00e9rence que note Froissart entre le vin et le muscat me laisse supposer que le muscat n\u2019\u00e9tait pas du vin sec, mais du vin doux. On peut en d\u00e9duire que ce vin \u00e9tait au-del\u00e0 du vin, c\u2019\u00e9tait un Nectar.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Muscat semble \u00eatre le seul c\u00e9page \u00e0 avoir conserv\u00e9 son nom depuis plus de huit si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autre c\u00e9page qui \u00e9tait important en Roussillon, la Malvoisie, que l\u2019on trouvait encore dans les vieilles caves du Roussillon, dans des vieux futs de vin rance, ou <em>Vi ranci<\/em>. La Malvoisie \u00e9tait cultiv\u00e9 dans le jardin du ch\u00e2teau royal de Perpignan. Il y a de nombreuses malvoisies, la<em> Malvasia<\/em> du Roussillon n\u2019est pas la m\u00eame que les autres (51). Il s\u2019agit peut-\u00eatre d\u2019un type de vin, plut\u00f4t que d\u2019un c\u00e9page, et l\u2019origine serait l\u00e0 aussi en Gr\u00e8ce, vers<em> Manemvasia<\/em> en Mor\u00e9e dans le P\u00e9loponn\u00e8se. On se souvient des exp\u00e9ditions de Mor\u00e9e au XIVe si\u00e8cle. Le port de <em>Manemvasia <\/em>\u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour son activit\u00e9 commerciale. Cette Malvasia est parfois cit\u00e9e comme <em>malvasia o vinum grech<\/em>&nbsp;(52)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eximene\u00e7 parle aussi de <em>Monastrell<\/em> : <em>Mataro<\/em> en Catalogne et Mourv\u00eadre en France. Le <em>Picapoll<\/em> de Majorque qu\u2019il cite, n&#8217;a rien \u00e0 voir avec le Picpoul du Languedoc (53)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de <em>Granatxa, garnacha<\/em>, grenache, mais on cite souvent <em>Vernacce, Vernace,<\/em> <em>Vernaccia<\/em> ou <em>Vernaxe<\/em>. A partir du XIIIe si\u00e8cle ce mot d\u00e9signait un type de vin doux d&#8217;Italie, bien diffus\u00e9 par les marchands v\u00e9nitiens. Ce vin jouissait d&#8217;une tr\u00e8s bonne r\u00e9putation et se trouvait sur la table de nombreuses cours europ\u00e9ennes au m\u00eame titre que les vins grecs ou chypriotes. Le Dominicain Geoffroy de Waterford \u00e9crivait dans son <em>Secreum Secretorum<\/em> vers 1290 ses notes de d\u00e9gustation sur le <em>Vernache<\/em> ou <em>Vernaccia<\/em>&nbsp;d\u2019Italie centrale \u00ab&nbsp;Le vernache est meilleur que le vin grec ou chypriote, qu\u2019il est p\u00e9rilleux de boire en quantit\u00e9, car sa force est temp\u00e9r\u00e9e, qu\u2019il s\u2019ouvre tendrement quand il arrive dans la bouche, flatte les narines et r\u00e9conforte le cerveau, enchante le palais doucement mais avec force&nbsp;\u00bb.(54)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis cite le fameux <em>Vernace<\/em>, comme un vin doux r\u00e9put\u00e9 apport\u00e9 par les marchands V\u00e9nitiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette <em>Vernaccia<\/em> serait une Malvoisie Italienne. <em>Vernage<\/em> pour les anglais et <em>Garnache <\/em>ou Grenache pour les Fran\u00e7ais. Puis<em> Garnache<\/em> disparait au d\u00e9triment des noms des ports d\u2019origine de ces vins comme Malaga ou Alicante.(55)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;etymologie du nom Grenache,<em> Granacha<\/em> ou <em>Garnatxa<\/em>, c\u00e9page fortement implant\u00e9 dans les vignobles m\u00e9ridionaux fran\u00e7ais et dans toute la r\u00e9gion aragonaise, pourrait venir du mot <em>Vernacce, Vernatxe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;aptitude des Grenaches \u00e0 donner des vins liquoreux et vieillissant rapidement a certainement \u00e9t\u00e9 un atout pour s\u00e9lectionner ces c\u00e9pages pour produire localement des vins de type <em>Vernatxe<\/em>. Bien que non cit\u00e9, le Grenache \u00e9tait certainement pr\u00e9sent en Roussillon \u00e0 cette \u00e9poque. (56)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon p\u00e8re disait \u00ab&nbsp;la Granache&nbsp;\u00bb mais les catalans disent \u00ab&nbsp;el Garnatxa&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les vignes qui poussent autour du ch\u00e2teau royal de Perpignan, le Puig-Real, le souverain se r\u00e9servait le raisin des vignes du Grec (57). Quel \u00e9tait ce Grec&nbsp;? Un c\u00e9page, ou un viticulteur grec&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces c\u00e9pages ont en commun d\u2019\u00eatre tous issus de la M\u00e9diterran\u00e9e, notre mer, la <em>mare nostrum, \u00e7a mar, la mart <\/em>comme nous disions en Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6- leurs vins :<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Petrus de Crescentiis, fils spirituel de Caton et de Columelle, n\u00e9 \u00e0 Bologne \u00e0 la fin du XIIIe si\u00e8cle, dans son <em>Liber commodorum ruralium<\/em> achev\u00e9 en 1303 conseillait de ne pas boire le vin trop jeune, c\u2019est \u00e0 dire de l\u2019ann\u00e9e, ce qui laisse entendre qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait les vins \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vi blanc&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La famille d\u2019Alenya produisait du &nbsp;<em>Vi blanch<\/em>. Est-ce la premi\u00e8re mention de Rancio sec ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur inventaire de 1414 ne nous en dit pas plus (58). Dans les familles du Roussillon, nous ne parlions pas de Rancio sec, nous disions <em>Vi blanc<\/em>&nbsp;pour un vin blanc assez fort en alcool, environ 14 degr\u00e9s, et tr\u00e8s oxyd\u00e9, qui vieillissait au fond de vieux tonneaux, et lorsque ce vin \u00e9tait particuli\u00e8rement ardent, ou qu\u2019il raclait le fond de la gorge, nous disions <em>es ranci<\/em>&nbsp; (59) en roulant fortement le <em>r<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon p\u00e8re me racontait toujours l\u2019histoire de sa tante Victoire \u00e0 qui il proposait \u00ab&nbsp;vouleu V<em>i blanc&nbsp;<\/em>?&nbsp;\u00bb et elle r\u00e9pondait dans sa vieille langue roussillonnaise <em>\u00ab&nbsp;\u00f4, de lou del corn, qu\u2019es ranci<\/em>&nbsp;\u00bb (oui, de celui du coin qui est ranci). L\u2019origine du mot <em>ranci<\/em> est latine, <em>rancidus <\/em>, qui a donn\u00e9 le mot fran\u00e7ais d\u2019origine occitane <em>rance <\/em>, le<em> rancio<\/em> espagnol et le <em>ranci<\/em> roussillonnais et le <em>ranzig <\/em>germanique, qui caract\u00e9rise un gout d\u00e9sagr\u00e9able. Pouvons-nous identifier dans ce mot, la notion de drimut\u00e9s qu\u2019employaient les Latins pour exprimer un gout qui \u00e9corche la gorge&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On fait souvent le rapprochement entre le vin de Jerez, le X\u00e9r\u00e8s, le Vin Jaune du Jura, et le Vi Ranci du Roussillon. Ce serait&nbsp;l\u2019\u00ab&nbsp;axe des Habsbourg&nbsp;\u00bb. Mais d\u00e9j\u00e0, ant\u00e9rieurement \u00e0 cet empire Habsbourgeois, nous pouvons voir les influences qui devaient exister dans des familles locales qui produisaient ce type de vin. Pon\u00e7 de Perillous avait une \u00e9pouse originaire des Flandres, Marie de Steenhout, dont il nous reste l\u2019inventaire de la maison de Millas, elle semblait aimer les diamants, de culture bourguignonne et flamande, elle \u00e9tait dame de Yolande de Bar, future reine d\u2019Aragon, qui les unit en 1380. (60) Ils avaient donc une culture des vins de ces pays, pays du Vin Jaune.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De m\u00eame, Eularia Sagarriga \u00e9tait l\u2019\u00e9pouse de Sancho de H\u00e9r\u00e9dia (61), famille aragonaise qui devait sans aucun doute connaitre les rancios de la r\u00e9gion de Vitoria dont parle Saint-Simon en 1721, et qui \u00e9taient les pr\u00e9sents pour les ambassadeurs (62).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait donc, un si\u00e8cle avant le mariage de Jeanne la Folle et Philippe le Beau, un \u00ab&nbsp;Axe&nbsp;\u00bb pr\u00e9c\u00e9dent celui des Habsbourg, qui traversait d\u00e9j\u00e0 l\u2019Europe, depuis les vins rances de l\u2019Andalousie jusqu\u2019aux vins jaunes des Flandres<strong>, <\/strong>de la Franche-Comt\u00e9 de Bourgogne, en passant par le Roussillon, ces vins ayant les m\u00eames compos\u00e9s volatils odorants, parmis lesquels le Sotolon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le role essentile de la mol\u00e9cule de Sotolon, a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par l\u2019\u00e9tude d\u2019une \u0153nologue roussillonnaise, Isabelle Cutzach en 1999(63)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pense que les familles espagnoles envoy\u00e9es dans les Flandres, dans la Franche-Comt\u00e9 de Bourgogne, sous Charlequint, ont influenc\u00e9 la viticulture et la vinification locale. On retrouve toujours les m\u00eames familles, en Franche-Comt\u00e9 comme en Sicile ou la production de vins comme le Marsala, a pu se transmettre par des familles comme les Sagarriga, les Oms, les Podio ou les Peyrapertusa, qui avaient des terres en Sicile (64).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1453, la chute de Constantinople entraina la ruine du commerce des vins de la M\u00e9diterran\u00e9e, mais ce malheur fit la fortune de commer\u00e7ants du nord de l\u2019Europe qui remplac\u00e8rent les vins Grecs, Italiens, Proven\u00e7aux et Aragonais par les vins de X\u00e9r\u00e9s, de Madeire et de Porto. Les Andalous nomm\u00e8rent leurs vins \u00ab&nbsp;Romania&nbsp;\u00bb pour imiter les vins de la M\u00e9diterran\u00e9e, et en 1491 le duc de Medina-Sidonia prit l\u2019initiative de supprimer toutes les taxes d\u2019exportation sur le vin. Les marchands Anglais, Allemands, et Hollandais oubli\u00e8rent la Malvoisie et la Vernaccia, et firent la fortune de Jerez et de Porto comme ils avaient fait la fortune de Bordeaux auparavant. (65)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo d\u2019un moine buvant \u00ab&nbsp;1432890394545[1]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous n\u2019avons presque aucun renseignement sur le vin rouge \u00e0 cette \u00e9poque. L\u2019usage du soufre, est connu depuis l\u2019antiquit\u00e9, puisqu\u2019il est mentionn\u00e9 par Pline qui en avait lu l\u2019indication dans Caton, toutefois on imagine bien que les producteurs du Roussillon n\u2019avaient pas de soufre \u00e0 disposition au XVe si\u00e8cle, c\u2019est la raison pour laquelle les vins secs n\u2019\u00e9taient pas conserv\u00e9s. On pourrait faire vieillir du vin rouge \u00e0 fort degr\u00e9, comme le \u00ab&nbsp;vi blanc&nbsp;\u00bb, mais ce n\u2019est pas notre tradition.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vi doul\u00e7, vins m\u00e9decins, vins aromatis\u00e9s&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est certain que les vins doux existaient bien avant le moyen-\u00e2ge, et que les antiques en buvaient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pline (66) \u00e9crivait \u00ab&nbsp;et l\u2019on garde encore de ces vins qui ont pr\u00e8s de deux cents ans&nbsp;; ils sont d\u00e9sormais r\u00e9duits en une sorte de miel amer(\u2026). Leur invincible go\u00fbt de rancio a tourn\u00e9 \u00e0 l\u2019amertume&nbsp;\u00bb. Galien mentionnait, lui aussi, les vins doux dans ses commentaires sur le trait\u00e9 d\u2019Hippocrate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9sence d\u2019alambics dans les familles Puig et Batlle, d\u00e8s le XIVe ou XVe si\u00e8cle, prouve que l\u2019ajout d\u2019eau ardente \u00e9tait pratiqu\u00e9 (67). Benoit XIII aimait le muscat du Roussillon, qui \u00e9tait doux, bien entendu, et Eiximenis pr\u00e9f\u00e8rait lui aussi les vins doux. L\u2019ajout d\u2019alcool n\u2019est attest\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle \u00e0 Porto, Made\u00efra et X\u00e9r\u00e8s, mais cette pratique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connue en Roussillon. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arnaud de Vilanova, qui \u00e9tait m\u00e9decin \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine de Montpellier au XIIIe si\u00e8cle, aurait pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Jacques II de Majorque le \u00ab&nbsp;Regimen de Sanitat&nbsp;\u00bb, la R\u00e9gle de Sant\u00e9, qui nous renseigne sur l\u2019utilisation de l\u2019alcool obtenu par la distillation (68). Mais je ne trouve malheureusement pas de preuves d\u2019un contact entre Vilanova et Jacques II de Majorque, alors qu\u2019il y a de nombreux actes prouvant les contacts entre Vilanova et le roi Jacques d\u2019Aragon ou le roi Fr\u00e9d\u00e9ric III de Sicile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le XIIe si\u00e8cle l\u2019Ecole de Salerne, pr\u00e8s de Naples, ou on distillait d\u00e8j\u00e0, publia des trait\u00e9s sur les usages th\u00e9rapeutiques du vin, dont le \u00ab&nbsp;Regimen sanitatis&nbsp; Salenitanum&nbsp;\u00bb. Il y a donc peut-\u00eatre eu influence entre Salerne et Montpellier. (69)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Liber de Vinis, qui \u00e9tait attribu\u00e9 \u00e0 Arnau de Vilanova, \u00e9tait la premi\u00e8re \u0153uvre sur le vin depuis la fin de l\u2019Empire Romain. On ne sait pas exactement qui en est l\u2019auteur. Ce serait peut-\u00eatre une s\u00e9rie de textes \u00e9crits sous l\u2018autorit\u00e9 du Maitre Sylvestre, vers 1322, le \u00ab&nbsp;Tractatus de compositione vinorum&nbsp;\u00bb et d\u00e9di\u00e9 \u00ab&nbsp;ad Carolum Francorum regem\u00bb, au roi de France Charles IV le Bel. Il aurait inspir\u00e9 le \u00ab&nbsp;De conficendi vinis&nbsp;\u00bb, de Maino de Mainieri, en 1339, puis le \u00ab&nbsp;De Vinis&nbsp;\u00bb de Pierre-Arnaud \u00ab&nbsp;Perarnau&nbsp;\u00bb de Vilanova en 1341. Mais il y a plusieurs publications du De Vinis au XIVe si\u00e8cle, d\u2019un Petro-Arnaldo de Vilanova qui \u00e9tait Montpelli\u00e9rain et m\u00e9decin \u00e0 la cour pontificale d\u2019Avignon vers 1341.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Valencien Arnau de Vilanova n\u2019en n\u2019est donc probablement pas l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arnau de Vilanova avait des opinions bien arr\u00eat\u00e9es, parmi elles la certitude que la venue du Messie se produirait en 1378. Cela entraina une longue querelle avec les Dominicains de Valence qui brul\u00e8rent son livre. C\u2019est le dominicain valencien, Guillem de Collioure, qui fit interdire ses \u0153uvres et excommunier un proche du roi qui passait outre l\u2019interdiction. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de remarquer que le schisme commen\u00e7a en 1378\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On voit ici l\u2019importante influence de la pr\u00e9sence pontificale \u00e0 Avignon, et des Facult\u00e9s de M\u00e9decine de Montpellier, et de l\u2019universit\u00e9 de Salerne en Campanie, ou nos a\u00efeux avaient des contacts gr\u00e2ce au commerce avec la Sicile et Naples. Eiximenis mentionne, lui aussi, cette \u00e9cole de Salerne, plusieurs fois, dans le chapitre \u00ab&nbsp;Ce qui est ordonn\u00e9 et honn\u00eate de boire&nbsp;\u00bb (70).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le De Vinis atteste l&#8217;am\u00e9lioration de la technique de distillation du vin qui permet de produire des eaux-de-vie qui sont associ\u00e9es aux substances m\u00e9dicinales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On se servait de l\u2019alcool pour des raisons th\u00e9rapeutiques, les aygues ardentes, pour extraire les vertus des plantes utilis\u00e9es dans la pharmacop\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale. L\u2019origine de ses connaissances reste \u00e0 d\u00e9couvrir&nbsp;: antique ou orientales&nbsp;? L\u2019auteur du De Vinis indiquait l\u2019usage du vin dans ses r\u00e9gimes di\u00e9t\u00e9tiques, quel type de vin servir en fonction des saisons et des humeurs. Comme aujourd\u2019hui le vin blanc \u00e9tait conseill\u00e9 pour l\u2019\u00e9t\u00e9, et le vin rouge en hiver \u00ab&nbsp; a l&#8217;estiu blanc o rosat, a l&#8217;hivern lleugerament vermell&#8230;saboria senzilla i agradable i olor suavissima&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;s&#8217;ha d&#8217;evitar que lo vi sigui agut o ardent, o gro\u00e7 i dol\u00e7&nbsp;\u00bb, on doit \u00e9viter les vins aig\u00fces, acides ou brulants, forts en degr\u00e9s, ou lourds et doux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme les antiques, il s\u2019int\u00e9ressait aux vins aromatis\u00e9s, pratique qui est rest\u00e9 en usage en Roussillon jusqu\u2019au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle et qui a disparu sous la pression de l\u2019Institut National des Appellations d\u2019Origines Contr\u00f4l\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On cite les principaux ingr\u00e9dients utilis\u00e9s pour aromatiser les vins, muscade, cannelle, gingembre orange am\u00e8re, romarin, anis, miel, sucre et autres fruits et \u00e9pices qui \u00e9taient ramen\u00e9s \u00ab&nbsp;d\u2019orient&nbsp;\u00bb ou de Sicile comme nous allons le voir par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les recette, le vin \u00ab&nbsp;piment&nbsp;\u00bb, vin cordial, \u00e0 base de bourrache, m\u00e9lisse et \u00e9pices, vin au coings, selon la recette de Dioscoride, vin au romarin, vin sauvage, \u00e0 base de chou rouge et d\u2019ortie pour soigner les plaies, vin r\u00e2peux, dans le mout duquel a \u00e9t\u00e9 plong\u00e9 du raifort et qui se prend en ap\u00e9ritif, vin d\u2019euphraise, pour les yeux, vin de campanule, vin de sauge, vin d\u2019hysope, vin de fenouil, vin anis\u00e9, vin au chiendent, vin dyamon, valant pour la reproduction, vin de charbon, vin de girofle&nbsp;; Les vins mac\u00e9raient \u00e0 froid ou \u00e0 chaud, ou concentr\u00e9s par cuisson. Toutes ces prescriptions avaient un but nutritionnel ou th\u00e9rapeutique. Je n\u2019ai pas trouv\u00e9 de mention de Fenugrec, conseill\u00e9 par Columelle pour vieillir les vins, mais peut-\u00eatre existait-il sous un autre nom&nbsp;? Les antiques l\u2019appelaient \u00ab&nbsp;foenum&nbsp;\u00bb le foin des Grecs, nous l\u2019appellerions <em>fenull.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce XVe si\u00e8cle les vins les plus appr\u00e9ci\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas toujours aromatis\u00e9s pendant la conservation. On ajoutait souvent des \u00e9pices au moment de les servir. C\u2019est peut-\u00eatre la raison pour laquelle on mentionne les entonnoirs dans les inventaires roussillonnais, pi\u00e8ce importante du service des vins (71).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Evidemment le muscat devait \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 pour ses saveurs orientales. Peut-on parler d\u2019orientalisme dans les gouts de cette \u00e9poque&nbsp;? Est-ce l\u2019influence des croisades, ou de Constantinople, ou plus simplement la Sicile si ch\u00e8re \u00e0 notre roi Martin&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les vins \u00e9taient parfois servis chaud, avec de la cannelle, ou avec du miel, d\u2019ailleurs on trouve de nombreuses ruches chez certains familiers du pape, comme les Batlle \u00e0 Salses, mais on peut penser que le miel \u00e9tait beaucoup plus facile \u00e0 obtenir que la cannelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1408 la Compagnie de Sicile, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Collioure par Tallavis, Puig, Montserrat et Macip, \u00e9tait charg\u00e9e de ramener du gingembre (72), et celui-ci \u00e9tait utilis\u00e9 dans les pr\u00e9parations des vins aromatis\u00e9s, comme le clou de girofle, la cardamome, ou toutes sortes d\u2019\u00e9pices poivr\u00e9es&nbsp;, \u00ab&nbsp;les piments&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;vy pimentats&nbsp;\u00bb comme digestifs. Ce piment venait d\u2019orient et n\u2019a rien \u00e0 voir avec le piment actuel provenant des Am\u00e9riques depuis l\u2019\u00e9poque des conquistadores. Les ar\u00f4mes anis\u00e9s \u00e9taient appr\u00e9ci\u00e9s, ainsi que la coriandre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La fleur de sureau donnait un gout muscat\u00e9, et la tradition est rest\u00e9e dans les familles roussillonnaises de mettre un sachet de fleur de sureau dans le muscat, \u00ab&nbsp;flou de Sabouc&nbsp;\u00bb comme disait mon p\u00e8re (73). Les vins \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s avec des fruits, avec de l\u2019orange am\u00e8re. C\u2019est une recette qui \u00e9tait appliqu\u00e9e \u00e0 Thuir chez mes arri\u00e8re-grands-parents qui mettaient des \u00e9corces d\u2019oranges am\u00e8res dans les futs de vins doux. Nous y mettions aussi des amandes am\u00e8res, car il y avait beaucoup d\u2019amandiers aux amandes am\u00e8res dans les basses Aspres Toutes ces recettes avaient des r\u00e9f\u00e9rences antiques, issues de vieux usages transmis par les familles ou par les documents conserv\u00e9s dans les abbayes, comme firent les moines de Viladomar, \u00e0 Thuir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vins de la m\u00e9diterran\u00e9e&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nos messieurs du XVe si\u00e8cle \u00e9taient donc bien inform\u00e9s sur les qualit\u00e9s et les d\u00e9fauts du vin. Leurs relations familiales en Sicile, \u00e0 Salerne et \u00e0 Naples leur avait permis d\u2019acc\u00e9der aux connaissances que l\u2019on retrouve plus tard en France. Ce n\u2019est pas un hasard si un Podio ou un Perillous \u00e9taient ambassadeurs du roi de Sicile, ou si les Batlle gardaient chez eux des couvre-lits aux armes d\u2019Aragon et de Sicile. L\u2019attrait pour ce pays \u00e9tait extr\u00eamement fort, beaucoup plus que pour la Gr\u00e8ce ou la Sardaigne.(74) Les vins de ce monde m\u00e9diterran\u00e9en, compl\u00e8tement oxyd\u00e9, \u00e9taient appr\u00e9ci\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne peux continuer sans citer la grande r\u00e9f\u00e9rence Fran\u00e7aise \u00e0 titre de comparaison, \u00ab&nbsp;La bataille des vins&nbsp;\u00bb d\u2019Henri d\u2019Andelli, qui raconte l\u2019histoire d\u2019une d\u00e9gustation comparative organis\u00e9e par le roi de France. Plus de 70 \u00e9chantillons furent d\u00e9gust\u00e9s, de Moselle, d\u2019Alsace, du Midi, de Saint Emilion, d\u2019Epernay, de Beaune et m\u00eame d\u2019Espagne et de Chypre. C\u2019est le vin doux de Chypre \u00ab&nbsp;qui resplendit comme une \u00e9toile&nbsp;\u00bb qui l\u2019emporta. Le d\u00e9gustateur, un pr\u00eatre anglais, termina par cette remarque \u00ab&nbsp;Prenons tel vin que Dieu nous donne&nbsp;\u00bb. (75)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce vin de Chypre est mentionn\u00e9 dans de nombreux textes, Casola en 1494 le mentionnait comme \u00e9tant \u00ab&nbsp;fait avec de la r\u00e9sine&nbsp;\u00bb (76), et Eiximenis, lui aussi, nous en parle souvent, car ses vins favoris \u00e9taient les vins doux et \u00ab&nbsp;grecs&nbsp;\u00bb, de Chypre, de Cr\u00eate, de Candie et de Majorque. A cette \u00e9poque, Chypre appartenait \u00e0 la dynastie Fran\u00e7aise des Lusignan jusqu\u2019en 1489. Au moment du Concile de Perpignan, la reine de Chypres, Eleonor d\u2019Aragon, \u00e9tait \u00e0 Barcelone, depuis 1382 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1416. Il est donc normal que le vin de Chypre, d\u00e9j\u00e0 si connu, ait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vin grec qui arrivait encore en occident, car Constantinople n\u2019\u00e9tait pas encore tomb\u00e9e entre les mains des Turcs, \u00e9tait tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9. Les relations entre les familles de Constantinople et celles de l\u2019occident catholique \u00e9taient r\u00e9elles, comme le montre le mariage d\u2019Eudoxie Comm\u00e8ne avec Guilhem de Montpellier, les grands-parents du Conqu\u00e9rant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait une myriade de petits royaumes chr\u00e9tiens en M\u00e9diterran\u00e9e, chacun produisant son vin, comme le Commandaria des Chevaliers de Rhodes(77). Apr\u00e8s la chute de Rhodes ces chevaliers se r\u00e9fugi\u00e8rent \u00e0 Malte, et d\u00e9plac\u00e8rent leurs productions de vins doux dans des commanderies comme celle du Mas de Dieu, <em>lo Mas Deu<\/em>, en Roussillon, ou \u00e0 Conjunta, Santa Colomba de la Commandaria.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les relations commerciales avec Chypre ou avec Rhodes \u00e9taient nombreuses, comme avec la Sicile. La cr\u00e9ation de la Compagnie de Sicile \u00e0 Collioure en 1408 nous en apporte la preuve.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo sceau de la jarre de Conjunta.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photo20161119_152717<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vocabulaire d\u2019Eiximenis&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vocabulaire d\u2019Eiximenis sur les vins est riche&nbsp;: \u00ab bec grec d&#8217;estiu, e d&#8217;hivern cuit, e moscatell, malvesia, tribia, corsec o Candia, o vernaixa ; e a la fi clarea&#8230;o piment&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab dels vins vermells de la terra no en puix beure ; per tal, bec d&#8217;estiu calabresc de Sent Onoixent, Turpia o Trilla, picapoll de Mallorca, rosat o dels clarets d&#8217;Avinyo. D&#8217;hivern, del Madrid de Castella, o d&#8217;aquelles vins fins espanyols, o de Gasconya, o del monastrell d&#8217;Emporda \u00bb (78)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses gouts le portaient vers les vins blancs, doux, aromatiques et forts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Com usar be de beure e menjar: \u00ab evitar beure massa vi en els messos d&#8217;estiu \u00bb, \u00ab primarement lo remiren de totes parts, aixi com lo metge remira la horina del malalt ; ampr\u00e8s, beun-ne un glop o dos, mastegant lo vi entre les dents ; apr\u00e8s ne beuen atretant faent semblants actes, e a\u00e7o fan tantes vegades fins que han begut lo vy \u00bb \u00ab llos franceses fan aixi mateix&#8230;e tot a\u00e7o fan per trobar delit e plaer en lo beure \u00bb, \u00ab los catalans han los vins spessos e fortegals, e per tal se han a portar al mit e a profit del cos ab poder d&#8217;aygua \u00bb (79)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s\u2019agit l\u00e0 du point de vue d\u2019un homme n\u00e9 au bord de la M\u00e9diterran\u00e9e, dans un monde ouvert sur notre mer, bien loin du monde actuel, ouvert sur l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la m\u00eame \u00e9poque le po\u00e8me \u00ab&nbsp;La Desputaison de vin de l\u2019iaue&nbsp;\u00bb opposait les \u00ab&nbsp;Vins de France&nbsp;\u00bb aux \u00ab&nbsp;Vins de Bourgogne&nbsp;\u00bb (80)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ceux qui s\u2019appesantissent sur le vin, y pensent et y r\u00e9fl\u00e9chissent sans cesse, dont le discours, l\u2019\u00e9criture et la personne se moulent sur lui, en souffriront les cons\u00e9quences \u00bb Eiximenis est un moraliste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ce n\u2019est pas le vin qui est responsable. Le vin est une cr\u00e9ation divine, bonne et noble, c\u2019est l\u2019usage qu\u2019en font les hommes qui est mauvaise \u00bb disait l\u2019administrateur de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 d\u2019Elne, Eiximenis<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces vins oxyd\u00e9s du Roussillon \u00e9taient appr\u00e9ci\u00e9s, mais ont malheureusement \u00e9tait d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s par les autorit\u00e9s de culture nordique, en particulier par l\u2019INAO et tous les groupes de contr\u00f4les officiels, habitu\u00e9s aux vins plus l\u00e9gers et plus fruit\u00e9s du bordelais ou de Bourgogne. Les douanes ont particip\u00e9 \u00e0 la destruction de ce patrimoine en nous soumettant \u00e0 des contr\u00f4les sur les variations de stocks qui nous ont oblig\u00e9 \u00e0 supprimer nos vieux <em>cellers<\/em> pleins de <em>barrals<\/em> poussi\u00e9reux qui ne correspondaient plus \u00e0 l\u2019id\u00e9e de l\u2019hygi\u00e8ne alimentaire des nouveaux conseilleurs. J\u2019ai vu disparaitre des caves enti\u00e8res de familles anciennes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es par l\u2019administration fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces vins sont sans aucun doute les derniers survivants de la viticulture m\u00e9diterran\u00e9enne antique, et sont les derniers vins antiques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7- Leurs \u00ab&nbsp;<em><u>\u00e7ellers<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous savons par leurs inventaires que le cellier \u00e9tait une partie importante de l\u2019h\u00e9ritage laiss\u00e9 par les d\u00e9funts. Les celliers, ou <em>\u00e7ellers<\/em>, \u00e9taient plus abondants que les biblioth\u00e8ques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait 27 tonneaux chez les Alenya, qui n\u2019avaient que 2 livres et 64 armes, 21 tonneaux chez les Batlle, qui avaient 19 livres et 102 armes, 16 tonneaux chez les Puig qui avaient 16 livres et 91 armes, et aucun tonneau chez les Perillous qui avaient pourtant des vignes, et qui n\u2019avaient que quelques livres et 15 armes, (mais ils avaient des diamants, et un anneau d\u2019ivoire de Licorne, n\u2019est-ce pas l\u2019essentiel?) (81).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>\u00e7eller<\/em> \u00e9tait pr\u00e9sent dans presque toutes les maisons, rurales ou urbaines, car le vin \u00e9tait un aliment, mais aussi parce que le chai \u00e9tait un signe de richesse au m\u00eame titre que la biblioth\u00e8que ou la salle d\u2019arme. Le <em>\u00e7eller<\/em> est l\u2019h\u00e9ritier de la <em>Cella<\/em>, le lieu sacr\u00e9 par excellence, le c\u0153ur des temples antiques. La <em>cella vinaria<\/em> des romains a donn\u00e9 le chai.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tonneaux, symbole de pouvoir et de richesse, faisaient partie d\u2019un inventaire repr\u00e9sentatif d\u2019un ordre social. L\u2019accumulation de vins \u00e9tait rassurante pour l\u2019avenir, car les vins doux constituaient une sorte de placement. L\u2019entretien de ces&nbsp;<em>\u00e7ellers<\/em> ne devait pas n\u00e9cessiter beaucoup d\u2019entretien, d\u2019ailleurs Petrus de Crescentiis conseillait de rincer les f\u00fbts avec du vieux vin avant de les remplir de nouveau,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis recommandait de laver les tonneaux avec un seau de vin, et c\u2019est ce que nous faisons toujours dans ma famille, pour conserver les bact\u00e9ries qui sont pr\u00e9sentes dans les tonneaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photo des futs<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un <\/strong><em><strong>\u00e7eller<\/strong><\/em><strong> du Roussillon, qui \u00e9tait autrefois en terre battue, sous ma maison familiale, avec les <\/strong><em><strong>barrals<\/strong><\/em><strong> et au fond le <\/strong><em><strong>barricot<\/strong><\/em><strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vocabulaire employ\u00e9 par les notaires charg\u00e9s de faire les inventaires des <em>\u00e7ellers<\/em> est le m\u00eame qu\u2019il y a quelques d\u00e9cennies. Nous parlions de <em>barral, tina, bouta, embout,<\/em> et <em>botella<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>barral <\/em>correspond au baril, du Latin m\u00e9di\u00e8val <em>bariclus<\/em>, le <em>barriculus <\/em>gallo-romain, petit tonneau, qui a donn\u00e9 la barrique en fran\u00e7ais et le <em>barricot<\/em>. La <em>tina<\/em> est un tonneau de grande dimension, du gaulois<em> tonnel<\/em>, une cuve en bois. La <em>bota <\/em>(\u00ab&nbsp;boute&nbsp;\u00bb) est une cuve, du latin <em>buttis<\/em>, le vase. C\u2019est le diminutif de <em>buttis<\/em> qui a donn\u00e9 la <em>boticula<\/em>, la<em> botella<\/em>, la bouteille, qui est aussi appel\u00e9 <em>l\u2019ampolla<\/em>. Le vin mis dans une <em>bota<\/em> est <em>embotat<\/em> (\u00ab&nbsp;emboutat&nbsp;\u00bb). . L\u2019<em>embut<\/em> ou <em>embuyt<\/em> est l\u2019entonnoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avions donc l\u2019influence latine,<em> bariculus<\/em>, et gauloise,<em> tonnel<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les inventaires que j\u2019ai consult\u00e9, il est attest\u00e9 plusieurs foudres de plus de 50 hectolitres, jusqu\u2019\u00e0 plus de 72 hectolitres, ce qui montre la pr\u00e9sence de tonneliers tr\u00e8s comp\u00e9tents, en Roussillon au XVe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Honorable Pierre d\u2019Alenya, mort en 1414, avait 24 tonneaux de diverses contenances et une cuve en bois de <em>LX<\/em> <em>somades<\/em>, soit environ 72 hectolitres, la <em>somada<\/em> , ou charge, ayant une unit\u00e9 d\u2019environ 120 litres. Ce foudre de 72 hectolitres devait \u00eatre \u00e9norme pour l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons toute la liste de chaque contenant avec les contenances, en <em>somades<\/em> ou en <em>barrals<\/em> \u00ab&nbsp;<em>un barril de un barral&nbsp;<\/em>\u00bb, ou \u00ab&nbsp;<em>altra bota de tres barrals&nbsp; plena de vi blanch<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est int\u00e9ressant de noter la pr\u00e9sence de bondes en bois pour la cuve, <em>la tina<\/em>, et en fer pour les tonneaux. On note les comportes, d\u00e9tail important qui prouve qu\u2019il y avait des soutirages depuis les tonneaux dans les comportes, qui servaient \u00e9galement pour les vendanges. \u00ab&nbsp;Un embout pour livrer le vin&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un entonnoir pour remplir les tonneaux ou pour verser dans les cruches. Les Alenya avaient des jarres \u00e0 huile dans leur quatre celliers, et du <em>Vi<\/em> <em>blanch<\/em> comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9, et leur vigne favorite \u00e0 Orles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Honorable chevalier Berenguer Batlle, mort en 1446, dont l\u2019\u00e9pouse \u00e9tait la ni\u00e8ce du fameux \u00e9v\u00eaque de Valencia, Mossen Hug de Llupia-Bages, grand ami de Benoit XIII et d\u2019Eiximenis, avait un cellier \u00e0 Rivesaltes, comportant 21 tonneaux soutenus par trois poutres\u2026ce qui nous donne au moins l\u2019indication pr\u00e9cise sur la mani\u00e8re d\u2019agencer la futaille. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas chez les Alenya qui avaient leurs petits futs sur des chevalets. Batlle avait aussi un foudre de 50<em> somades<\/em>, soit environ 60 hectolitres. Je note qu\u2019il y avait deux petits entonnoirs d\u2019airain, pour servir le vin dans les pichets en \u00e9tain. Les bondes des futs \u00e9taient en m\u00e9tal, ce qui est assez surprenant car il serait plus facile d\u2019avoir des bondes en li\u00e8ge. Pour quelle raison faire des bondes en m\u00e9tal?, et le notaire pr\u00e9cise \u00ab&nbsp;Grande bonde m\u00e9tallique et deux petites bondes de m\u00e9tal&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e0 aussi des comportes, et toujours pas de pressoir, ce qui me laisse penser que le cellier servait uniquement au stockage du vin, mais il y avait un cuvier \u00e0 vin de six charges, soit 7.2 hectolitres, ce qui prouve que le raisin \u00e9tait bien pressur\u00e9 dans ce cellier, et coul\u00e9 dans ce cuvier avant d\u2019\u00eatre mis dans les tonneaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par contre le notaire mentionne un pressoir pour le miel et une centaine de ruches dans les d\u00e9pendances du castell vell de Salses, pour assembler aux vins. (82)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Outre les tr\u00e8s nombreuses armes et 42 pi\u00e8ces de vaisselles, il avait aussi 19 livres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien que repr\u00e9sentant une famille fid\u00e8le aux rois de Majorque, les Batlles se sont bien adapt\u00e9s \u00e0 la dynastie d\u2019Aragon, puis semble avoir \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9s par Ferdinand et Alphonse, la nouvelle dynastie des Trastamare.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIXe si\u00e8cle, Alart r\u00e9sumait bien l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019inventaire des biens de Mossen Mathias des Puig, mort en 1424: \u00ab Outre sa maison \u00e0 Perpignan, \u00ab lo castell de Taxo e termes de aquell, item lo lloch e termes de Mossellos, item la cassa hon lo dit Mossen Massia habitava scituada dins la forsa del dit lloch de Taxo \u00bb, suit la description, pi\u00e8ce apr\u00e8s pi\u00e8ce des biens (livres, armes, \u00e9toffes, meubles) contenus dans cette demeure. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cellier de celle-ci, on trouve des ustensiles et r\u00e9cipients propres \u00e0 la viticulture : une cuve, deux grand cuviers et un petit, quatre comportes, un tonnelet, treize barriques, un entonnoir \u00e0 filtrer, mais aussi des objets de peu de valeur, encombrants ou usag\u00e9s : des besaces de cuir, un p\u00e9trin, un canis de roseaux. S\u2019y conservent des r\u00e9serves de denr\u00e9es : seize jarres pleines d\u2019huile. Non loin est gard\u00e9 le b\u00e9tail : environ 90 porcs et truies, plus ou moins gros, quatre veaux, deux juments, deux mules.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il vivait dans l&#8217;enceinte fortifi\u00e9e de Taxo, dans une maison qui ne pouvait \u00eatre le ch\u00e2teau lui-m\u00eame puisque celui-ci \u00e9tait ruin\u00e9 d\u00e8s 1385, \u00ab&nbsp;la vila de Taxon d&#8217;avayl&nbsp;\u00bb qui touche \u00ab&nbsp;ab lo val del dit loch&nbsp;\u00bb, une maison (casa) qui est dans la \u00ab&nbsp;vila&nbsp;\u00bb et qui voisine avec la place et une rue, un \u00ab&nbsp;pad&nbsp;\u00bb sur lequel s&#8217;\u00e9levait le ch\u00e2teau (castel) d\u00e9truit, un terrain ou s&#8217;\u00e9l\u00e8vent quelques maisons de construction r\u00e9cente, un verger qui est contigu \u00e0 ce terrain et un cellier qui touche \u00e0&nbsp;<em>lareter<\/em> (peut-\u00eatre le terrain ou l&#8217;on laisse le r\u00e9sidu du battage du bl\u00e8) du sacristain et \u00e0 la motte du seigneur, une maison dite \u00ab&nbsp;des pr\u00e9dicateurs&nbsp;\u00bb (Dominicains) qui touche au cimeti\u00e8re de Taxo d&#8217;Avall et le four \u00e0 pain qui touche \u00e0 un autre \u00ab&nbsp;areter&nbsp;\u00bb. (83)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2017023_094735 Inventaire du <\/strong><em><strong>rabost<\/strong><\/em><strong> et du <\/strong><em><strong>\u00e7eller<\/strong><\/em><strong> de Mossen Mathias en 1424. ADPO 1 E 319.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">20170823_094735<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et dans le \u00e7eller(84)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>dos barals pochs (deux petits tonneaux )<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>XII paveses ab lo senyal des Puig<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Al rebost : (\u2026) item dos gerres olieres (deux jarres d\u2019huile)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Al seller : (\u2026) une besasses de curs (des outres pour transporter le vin)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li> una tina de rana de XXX saumades ab una corba (une cuve de 40 charges avec une courbe : un foudre de 50 hectolitres environ.)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li> II tinarts grans e un poch (deux grands futs et un petit)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>IIII semals (4 comportes)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>una pasterassa<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>XIII botes entre grans e poques (13 cuves grandes et petites)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>un embuyt de colar (un entonnoir pour coller)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>una cayxa, Item un baral (un baril)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>XVI gerres plenes d\u2019oli, item una boyda (seize jarres pleines d\u2019huiles, une vide)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li> I canis de tenir forment hon ha en ran VIII aymines de forment (une cannisse pour garder le froment ou la r\u00e9colte est de huit \u00e9mines de froment)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo&nbsp;:Transcription d\u2019Alart, au XIXe si\u00e8cle, de l\u2019inventaire d\u2019<\/strong><em><strong>Al seller <\/strong><\/em><strong>en 1424.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">20170823_105726<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans aucun de ces inventaires on ne trouve de pressoir, ce qui met un doute sur la fonction du <em>\u00e7eller<\/em>, ou <em>seller<\/em> qui est bien attest\u00e9 dans les documents. Pressurait-on ? ou n\u2019\u00e9tait-ce que des celliers de conservation des vins avant mise en carafe pour servir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant certains actes de cette \u00e9poque portent la mention \u00ab&nbsp;vineas cum torculario&nbsp;\u00bb\u2026torculario le pressoir dont l\u2019origine remonte au Torculum romain, le Trull.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Trull est le bac en bois dans lequel on foulait le raisin avec les pieds, d\u2019o\u00f9 le nom de \u00ab&nbsp;vini pedi&nbsp;\u00bb mentionn\u00e9 dans le cartulaire de Villis, de l\u2019\u00e9poque carolingienne, qui distingue les vini primi, jus de coule, du vini pedi, press\u00e9 avec les pieds et les vini secundi, vins de presses allong\u00e9 d\u2019eau.(85)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les anciennes caves des Parahy de Passa, il y a encore les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019ancien pressoir en bois, qui doit dater du XVIIIe si\u00e8cle, et un vieux trull, provenant de la famille Amourous d\u2019Argel\u00e8s, qui servait \u00e0 fouler le raisin avec les pieds, mais aussi \u00e0 d\u00e9pecer le cochon, et \u00e9ventuellement \u00e0 faire de la pate, d\u2019o\u00f9 le nom \u00ab&nbsp;pastere&nbsp;\u00bb que l\u2019on donne au m\u00eame meuble plus petit. Une \u00ab&nbsp;grande pasterasse&nbsp;\u00bb peut donc permettre de fouler et de presser les raisins, donc servir de presse, et cette pastere est un \u00ab&nbsp;trull&nbsp;\u00bb, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de penser que la \u00ab&nbsp;pasterassa&nbsp;\u00bb de Mossen Massia est en fait un pressoir \u00e0 pieds, qui devait aussi servir pour d\u00e9pecer ses 90 porcs ou pour p\u00e9trir le pain&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Difficile \u00e0 imaginer de nos jours, dans notre soci\u00e9t\u00e9 beaucoup plus compartiment\u00e9e que celle du XVe si\u00e8cle, que les 90 porcs vivaient dans la cour d\u2019une maison qui avait 16 livres et des joyaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut imaginer dans quelles conditions le pape traversa Taxo en Juillet 1408.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo&nbsp;:Le <\/strong><em><strong>trull <\/strong><\/em><strong>sur les cuves du <\/strong><em><strong>\u00e7eller<\/strong><\/em><strong> des Parahy de Passa, provenant du \u00e7eller des Amourous d\u2019Argel\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mossen Mathias poss\u00e9dait aussi de nombreuses bassines, plats, cruches en \u00e9tain, ou en argent. On note qu\u2019aucune cruche ou plat en terre ou en bois n\u2019est inventori\u00e9e. Sans doute s\u2019est-on limit\u00e9 aux biens les plus pr\u00e9cieux. On trouve un entonnoir \u00e0 filtrer, outil essentiel pour pr\u00e9parer les vins \u00e0 \u00eatre bus. Le <em>canis<\/em> pour garder le froment, devait aussi servir pour \u00e9taler les grappes de muscat, afin de les pressurer bien murs, comme on le faisait encore il y a quelques ann\u00e9es&nbsp;; mon p\u00e8re appelait \u00e7a <em>uva passa<\/em>. La tradition de conserver des muscats jusqu\u2019\u00e0 No\u00ebl est connue en Roussillon, et les grappes \u00e9tal\u00e9es sur la paille ou les canis de roseau rappelle les Vins de Paille du Jura, ancienne province espagnole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait aussi chez Mossen Mathias, les deux<em> alembichs<\/em> dont nous parlerons plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pon\u00e7 de Perillos, mort en 1426, n\u2019a pas laiss\u00e9 d\u2019armes ni de futs dans sa maison de Millas, mais comme le remarque Cisterne, il n\u2019\u00e9tait pas l\u2019ain\u00e9. Sa vie de voyageur infatigable ne lui a pas laiss\u00e9 le temps de constituer une cave de vieux tonneaux, ni une armurerie, ou bien ces deux lieux devaient \u00eatre ailleurs&nbsp;? Je ne le crois pas. Pon\u00e7 \u00e9tait le cadet de Ramon, qui devait avoir h\u00e9rit\u00e9 l\u2019armurerie familiale, et le \u00e7eller. (86)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fr\u00e8re Miquel Agusti, religieux perpignanais du XVIIe si\u00e8cle, \u00e9crivait que les vins du Roussillon avaient une force sup\u00e9rieure car on \u00e9crasait soigneusement les raisins avant de les jeter dans la cuve.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(87)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en bouteille se faisait directement \u00e0 partir des tonneaux, dans les bouteilles ou cruches d\u2019airain ou d\u2019argent qui sont attest\u00e9es dans ces inventaires, avec un entonnoir. Les Alenya en avaient plusieurs en \u00e9tain, et Puig avait un entonnoir pour coller les vins \u00ab&nbsp;Item un embuyt de colar&nbsp;\u00bb. Collait-il au blanc d\u2019\u0153uf&nbsp;? ou s\u2019agissait-il d\u2019un entonnoir muni d\u2019une grille qui permettait de filtrer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">8-Le commerce du vin&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme partout ailleurs, les vins secs produits dans ces vignobles du Roussillon \u00e9taient vendus rapidement, et peu de vins secs \u00e9taient vendus loin de leur production. Un imp\u00f4t \u00e9tait parfois lev\u00e9 sur les ventes de vins, le v\u00eat du vin, mais certaines paroisses en \u00e9taient exempt\u00e9es. D\u2019autres imp\u00f4ts existaient, comme le <em>barral<\/em>, la <em>canata<\/em> ou la <em>migeria<\/em>, \u00e0 verser dans le cellier du seigneur (88) qui \u00e9taient des amateurs face aux spoliations actuelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tarifs des Leudes, ou tarifs marchands indiquaient le montant d\u2019un droit, la leude, pr\u00e9lev\u00e9 sur la marchandise transitant par une place marchande. Chaque produit ayant ses taxes suivant son origine et l\u2019origine du marchand, le volume de vin, il est difficile de connaitre le tarif de ces impositions (89)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par exemple, les Leudes de Taxo, qui sont attest\u00e9es au XIVe si\u00e8cle furent supprim\u00e9es par Petro de Podio en 1310 (90) Pour quelle raison le seigneur d\u2019un site comme Taxo percevait-il des Leudes&nbsp;? Y avait-il un passage am\u00e9nag\u00e9 qui demandait un entretient? Un pont sur le Tech&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIVe si\u00e8cle, le d\u00e9placement du Tech vers le nord d\u2019Elne, vers Moussellous, avait-il rendu obsol\u00e8te l\u2019usage d\u2019un pont qui \u00e9tait entretenu gr\u00e2ce aux Leudes&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque la r\u00e9colte \u00e9tait insuffisante dans les comt\u00e9s, l\u2019importation de vins \u00e9trangers \u00e9tait permise mais soumise au Droit de Boutatge, qui \u00e9tait un droit de mise en \u00ab&nbsp;boute&nbsp;\u00bb (91)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00ab&nbsp;boutes&nbsp;\u00bb sont de grands tonneaux, plut\u00f4t des foudres, d\u2019o\u00f9 le terme que nous utilisions encore \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, \u00ab&nbsp;amboutar&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;entonner&nbsp;\u00bb pour charger les citernes de vins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville de Perpignan ne vendant que les vins produits dans ses terroirs du Vernet, Bajoles et du Reart, il restait peu de places importantes pour vendre les vins des autres vignobles.(92)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus d\u2019un si\u00e8cle avant l\u2019\u00e9poque du Concile, Jacques II de Majorque avait pris des mesures de protection en faveur des vins du Roussillon, et plus particuli\u00e8rement ceux de Perpignan, en interdisant d&#8217;importer des vins ext\u00e9rieurs \u00e0 son territoire allant du \u00ab ch\u00e2teau de Vernet, Mailloles, Bajoles et Mas de la Garrigue du Temple \u00bb. En ce m\u00eame temps les ordres religieux b\u00e9n\u00e9ficiaient d&#8217;une franchise sur les vins de leurs domaines, et l\u2019Ordre de Saint-Jean de J\u00e9rusalem, qui avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les biens du Temple, dont le port de Collioure, a d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019activit\u00e9 commerciale gr\u00e2ce aux exon\u00e9rations sur les ventes de vins \u00ab&nbsp;Vi de Templers no paga res&nbsp;\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le royaume de Majorque a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans les \u00e9changes commerciaux des vins en M\u00e9diterran\u00e9e. Les rois de Majorque ont frein\u00e9 l&#8217;importation des vins \u00e9trangers, par terre ou par mer, et ont favoris\u00e9 fiscalement les vins locaux. Collioure b\u00e9n\u00e9ficiait d&#8217;un privil\u00e8ge interdisant l&#8217;importation de vins \u00e9trangers \u00ab&nbsp;que alcua persona estranya no puscha en Cochlioure aportar vins estrany&nbsp;\u00bb. La bourgeoisie enrichie par le commerce du drap s\u2019int\u00e9ressait au commerce du vin, comme le prouvent les Capbreus. Puis en 1374, Pierre IV d&#8217;Aragon avait nomm\u00e9 les officiers royaux charg\u00e9s de veiller \u00e0 l&#8217;application de l&#8217;ordonnance royale taxant les vins import\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vin du Roussillon \u00e9tait parfois export\u00e9 par les G\u00e9nois, qui venaient le chercher \u00e0 Collioure, mais il existait des chargements de tonneaux directement sur les plages, en les faisant rouler vers la mer, puis flotter jusqu\u2019aux navires qui les chargeaient ensuite avec la peine que l\u2019on peut imaginer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019embarquement de 1000 tonneaux de vin sur une nef, par Fran\u00e7ois Pag\u00e9s, de Collioure, patron de la nef Santa Maria, est attest\u00e9, et l\u2019exp\u00e9dition de 200 tonneaux de vin muscat et autres vins par P. Creyxell et Bernard Riambau, marchands de Perpignan, vers le port de l\u2019Ecluse en Flandre, en passant par \u00ab&nbsp;Xabessa&nbsp;\u00bb.(93) Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de penser que le commerce du drap avait influenc\u00e9 celui du vin. On retrouve d\u2019ailleurs nos familles roussillonnaises dans les Flandres par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jacques c\u0153ur, grand n\u00e9gociant et armateur, commandait lui aussi des vins du Roussillon \u00e0 destination du Port de l&#8217;Ecluse dans les Flandres comme l&#8217;atteste ce chargement de navires partant de Collioure avec 232 futailles de vins rouges, vingt autres de moscatell plus 14 futs de vin \u00ab nectar \u00bb (94), et la reine d\u2019Aragon se fait livrer par son <em>boteller<\/em>, des tonneaux du meilleur vin rouge de Perpignan , car, dit-il \u00ab&nbsp;vous savez bien que la reine ne veut boire d\u2019autre vin que celui qui vient de Perpignan&nbsp;\u00bb(95).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le muscat \u00e9tait export\u00e9 au XVe si\u00e8cle, dans les r\u00e9sidences royales de Barcelone, Valence, Saragosse et Naples, les comptes de la procuration royale font foi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bernardo de Podio, viguier du Roussillon et Vallespir se livrait au commerce et exportait vers Valencia du bl\u00e9 et du vin vers 1390-1400. Nous ne savons pas s\u2019il exportait le vin de Taxo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Compagnie de Sicile, fond\u00e9e en 1408 par Tallavis (96), Puig, Macip et Montserrat, (97) afin de commercialiser leurs draps, est un exemple du commerce en M\u00e9diterran\u00e9e. Montserrat fabriquait les draps, Macip les appr\u00e8tait, Tallavis les faisait teindre et Pere des Puig devait r\u00e9sider \u00e0 Syracuse, Catane ou \u00e0 Messine pour y faire vendre ces produits dont la valeur devait \u00eatre envoy\u00e9e \u00e0 Aigues-Mortes, en France, ou \u00e0 Majorque. Il pouvait faire des \u00e9changes avec des produits venant d\u2019orient, comme le Gingembre ou la soie, ou des esclaves de Slavonie, \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 20 ans. Un port \u00e0 Paulille \u00e9tait leur point de d\u00e9part vers \u00ab les illes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme tant d\u2019autres familles, une partie de la famille Puig s\u2019\u00e9tait install\u00e9e en Sicile depuis 1296 et avait obtenu en fief la concession du Casal de Calamonaci (98), et les relations commerciales devaient exister. Berengario des Puig anc\u00eatre des actuels Spucches, producteurs de Marsala, y \u00e9tait arriv\u00e9 apr\u00e8s les V\u00e9pres Siciliennes, comme de nombreuses familles roussillonnaises, valenciennes, catalanes et majorquines, que les siciliens appelaient \u00ab&nbsp;famiglias di Aragona&nbsp;\u00bb\u2026et dans d\u2019autres conditions \u00ab&nbsp;Catalanis&nbsp;\u00bb \u00e0 partir de la fin du XVe si\u00e8cle. (99)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Contrat de la Compagnie de Sicile en 1408. ADPO 1B250.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est difficile d\u2019affirmer que le commerce \u00e9tait rare, car nous avons peu de documents qui attestent de relations commerciales, et nous ne pouvons pas imaginer quelles \u00e9taient les relations avec des royaumes disparus comme le royaume de Chypre, le royaume de Sicile, l\u2019empire Byzantin. Tous ces royaumes chr\u00e9tiens ont disparus dans la seconde moiti\u00e9 du XVe si\u00e8cle, abandonn\u00e9s par nos rois et nos papes qui faisaient face \u00e0 d\u2019autres pr\u00e9occupations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019invasion turque puis la d\u00e9couverte de nouvelles routes des \u00e9pices, eurent raison du commerce m\u00e9diterran\u00e9en, et le Roussillon, entra dans une \u00e9poque de r\u00e9gression, dont il n\u2019est jamais sorti.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">9-Leurs services&nbsp;de table:<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Savoir Boire&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les services de table des personnages dont nous avons encore les inventaires, sont des preuves de leur go\u00fbt pour le vin. Ils aimaient boire. La pr\u00e9sence de mobilier d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la boisson le prouve, le nombre de tables, de bancs et de chaises ou fauteuils nous montre des gens qui aimaient s\u2019assoir en compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo d\u2019un banquet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tasses servaient pour boire le vin, comme le pr\u00e9cise Eiximenis, \u00ab&nbsp;La mani\u00e8re de le boire doit \u00eatre courtoise et propre&nbsp;\u00bb (100) et elles sont attest\u00e9es dans les inventaires du Roussillon, notamment en argent. Il y a aussi des gobelets, mais Eiximenis nous pr\u00e9cise que ce sont les fran\u00e7ais qui les utilisaient. \u00abLes Anglais boivent \u00e0 m\u00eame un hanap de vin quand ils sont vingt ou trente. Chacun boit une gorg\u00e9e. Les Espagnols boivent dans de grandes tasses. Les Maures boivent dans de petites cruches et ils boivent tous \u00e0 la m\u00eame cruche. Les Fran\u00e7ais boivent dans de petits gobelets mais ils ne veulent pas d\u2019eau. La mani\u00e8re de boire la plus propre est celle des Italiens.\u00bb Les allemands \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s boire le vin pur, sans eau, comme les gaulois dans l\u2019antiquit\u00e9. Les aragonais, donc les roussillonnais, buvaient leur vin coup\u00e9 d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Le buveur doit tenir sa coupe convenablement d\u2019une main, puis la porter \u00e0 sa bouche, et non pas la bouche \u00e0 la coupe(\u2026). Certains ne soul\u00e8vent jamais leur coude de la table quand ils boivent (\u2026) et ressemblent (\u2026) \u00e0 des cochons \u00bb mais il n\u2019aime pas les pr\u00e9cieux et ceux qui \u00ab tiennent<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">curieusement leur coupe avec trois doigts \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il f\u00e9licite les Italiens d\u2019attribuer une coupe \u00e0 chacun, car dans le reste de l\u2019Europe la m\u00eame coupe faisait le tour de la table. Une fois de plus nous pouvons noter l\u2019influence italienne chez Mossen Mathias, qui poss\u00e9dait de nombreuses coupes dont certaines ouvrag\u00e9es (101)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>una sitra d&#8217;arggent qui pesa dos marchs e una onsa,(une cruche d&#8217;argent qui p\u00e8se deux marcs et une once, (102)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>dos citres poches d&#8217;argent francesas (deux petites jarres fran\u00e7aises en argent )<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ab obratge descata, al peu de cascuna ha corona e al fronts de cascuna hon un armant redon ab lo camper blau dins lo qual camp ha un scut vermell ab una colona sorada blancha, los quals pitxes sancayxen la un ab l&#8217;altre qui pesen dos marchs un onse e migt cart,(avec des motifs d\u00e9tach\u00e8s avec chacune une couronne au pied et au versoir de chacun un email rond avec le fond bleu, dans le fond il y a un ecu vermeil avec une colonne ensabl\u00e9e blanche, les dites cruches sont emboit\u00e9es l&#8217;une dans l&#8217;autre et p\u00e8sent deux marcs, une once et un demi-quart)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>copa d&#8217;argent endaurada dins e de fora qui pesa deu onzes menys una vuytana<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>una copa endaurada dins e de fora ab corona al mig e daltre partsobre una (\u2026) e ab tres pes de lahons ab armant al mig qui pesa nou onses e tres carts (une autre coupe dor\u00e9e dedans et dehors qui a dessus trois lionceaux et des \u00e9l\u00e9phants en email bleu et p\u00e8se neuf onces) (103).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>una scudela ab ores amples d&#8217;argent pesa un march menys mig cart (une \u00e9cuelle avec des grandes oreilles d&#8217;argent qui p\u00e8se un marc moins un demi-quart)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>altra tasa blancha pesa seys onses menys un cart (une tasse blanche qui p\u00e8se un marc)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>altra tasa martellada blancha pesa un march menys mig cart (une autre tasse martel\u00e9e qui p\u00e8se un marc moins un demi-quart)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>altre tasa blancha dargent pesa seys onses menys un cart (une autre tasse blanche en argent qui p\u00e9se six onces moins un quart)(\u2026)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De nos jours, les d\u00e9gustateurs de vins utilisent des crachoirs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis pr\u00e9cise bien qu\u2019il faut cracher discr\u00e8tement entre ses jambes, et non pas dans un crachoir comme aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">: \u00ab si tu dois cracher, \u00e9carte les jambes et crache par terre. Puis recouvre discr\u00e8tement la mati\u00e8re avec le pied. \u00bb (104)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab ne crache jamais dans ta main une bouch\u00e9e, c\u2019est malpropre. Ne crache jamais le noyau d\u2019un fruit, cerise ou prune, dans ta main, c\u2019est le signe de mauvaise \u00e9ducation. Il suffit de baisser la t\u00eate et de le cracher sous la table \u00bb (105)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab L\u2019homme qui a soif l\u2019\u00e9t\u00e9 doit boire de l\u2019eau \u00bb, formant la diff\u00e9rence entre la soif et la d\u00e9gustation.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019art du verre transparent aurait \u00e9t\u00e9 perdu en Italie depuis la Rome antique, puis ramen\u00e9 de Syrie par la S\u00e9r\u00e9nissime au XIIIe si\u00e8cle. (106) Mais des verres \u00e0 pied conique orn\u00e9 de c\u00f4tes moul\u00e9es sont attest\u00e9s dans le midi de la France \u00e0 partir de la fin du XIIe si\u00e8cle (107). Des fragments de verres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts en Roussillon et \u00e9tudi\u00e9s. Certains sont du XIIIe si\u00e8cle. Ils permettent de reconstituer des gobelets, certains avec des d\u00e9cors bleus, des verres \u00e0 pied ou \u00e0 jambe qui \u00e9taient utilis\u00e9s \u00e0 la fin du XIVe et au d\u00e9but du XVe si\u00e8cle. Des petites bouteilles ou des fioles en verre fin existaient avec des d\u00e9cors moul\u00e9s, ainsi que de grandes bouteilles, parfois avec des cordons rapport\u00e9s et incis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le verre, pr\u00e9sent \u00e0 Vilarnau au XIVe si\u00e8cle dans les maisons paysannes, sous forme de flacons, gobelets ou coupelles, est rare dans les inventaires : on ne le trouve que dans ceux des clercs ou dans les inventaires urbain. Perpignan, 1384, dos ampoles de veyre, una tassa de veyre ; C\u00e9ret, 1413, tres rethomes de veyre, una rethoma tentera (bouteilles pansues, encrier ?) ; Perpignan, 1388, un got de veyre, una ta\u00e7a de veyre ; Perpignan, 1389, un bosseyl de veyre coopertum de payla (une grosse bouteille de verre entour\u00e9e de paille pour la prot\u00e9ger des chocs et tenir au frais l\u2019eau ou le vin) (108).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Savoir Servir&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par leurs fonctions \u00e0 la cour pontificale ou dans les cours qu\u2019ils avaient fr\u00e9quent\u00e9es, et ou ils avaient servis comme cam\u00e9rier, \u00e9chanson ou chambellans, nos messieurs \u00e9taient habitu\u00e9s \u00e0 servir. Ils savaient d\u2019ailleurs servir avant tout lors des c\u00e9r\u00e9monies militaires et religieuses, et \u00e9galement \u00e0 table. Comme le pr\u00e9cise Eiximenis, \u00ab&nbsp;si tu dois servir, observe ce qui suit&nbsp;\u00bb et il d\u00e9crit toute l\u2019\u00e9tiquette, et les usages du service de la table, jusqu\u2019aux expressions que doit avoir le serviteur dans les moments les plus d\u00e9licats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le service du vin se faisait par \u00e9tape, or nous voyons que ces messieurs poss\u00e9daient des entonnoirs pour remplir les cruches en \u00e9tain ou en argent \u00e0 partir des tonneaux, pour aller servir \u00e0 table.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00e9chansons servaient selon le rang des personnages, et les coupes \u00e9taient distribu\u00e9es en fonction de leur autorit\u00e9 (109).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nappes de table, panier pour le pain chez Pierre d\u2019Alenya dans sa maison de Perpignan, place de la Laine (110). Sa salle \u00e0 manger est indiqu\u00e9e par \u00ab&nbsp;Et primo in menjadorio ipsis domum \u00ab&nbsp; \u00ab&nbsp;item intus cameram prope menjadorium\u2026&nbsp;\u00bb le menjador ou mangerie, de menjar&nbsp;: manger, que nous autres roussillonnais avons toujours appel\u00e9 \u00ab&nbsp;lou menjadou&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On ne donne pas de d\u00e9tail de service de table, quelques c\u00e9ramiques de Valence, mais de nombreux ustensiles de cuisine et en plus de la salle \u00e0 manger dans la maison de Perpignan, il y a un salon, et quatre caves et celliers dans les diverses possessions. De nombreux bijoux, anneaux avec diamant, et chapelet d\u2019or, et surtout leurs armes \u00ab Lo camper de guella una ala de or punta de bayx \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mobilier nous parait pauvre, seulement trois tables, dix si\u00e8ges et bancs, mais c\u2019est une belle maison de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez Mossen Mathias Puig, pas de descriptif des pi\u00e8ces de la maison de Perpignan, ni des pi\u00e8ces de la maison de Taxo, dans laquelle il y a de nombreux objets pr\u00e9cieux, mais \u00e9galement trois tables, comme chez les Alenya, et 28 si\u00e8ges et bancs, 24 pi\u00e8ces de vaisselle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez les Perillos \u201cA la primera cambra del soler qui mira al sementeri de la glesa del dit loch: \u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201cAl menjador de la dita casa: primo, quatre taules\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez les Batlles&nbsp;il y avait six tables et quinze si\u00e8ges et bancs , 42 pi\u00e8ces de vaisselle et des tapis mauresques et tapisseries.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019inventaire de ses biens nous montre une maison bien meubl\u00e9e avec de nombreux coffres dont un portant les armoiries des Batlle \u00ab une grande caisse vermeil d\u00e9cor\u00e9e de papegeais \u00bb, et le n\u00e9cessaire pour tenir une table honorable, deux aigui\u00e9res d\u2019\u00e9tain sans bec, deux aigui\u00e8res d\u2019\u00e9tain avec bec, trois pichets d\u2019\u00e9tain, de nombreux plats en \u00e9tain, et deux petits entonnoirs en \u00e9tain, preuve de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour ces objets qui servent \u00e0 transvaser le vin pour le d\u00e9canter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les draps et couvre-lits sont nombreux, un couvre-lit aux armes royales multicolore de valeur certaine et neuf, une petite tapisserie vermeille et multicolore de qualit\u00e9, aux dessus avec des semis vermeils avec les armes royales de Sicile et d\u2019Aragon\u2026encore la Sicile, souvenir du roi Martin. La cave est d\u00e9taill\u00e9e plus loin, et la biblioth\u00e8que aussi. Berenguer Batlle avait visiblement servi le roi Martin de pr\u00e9s, et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 des objets personnels apr\u00e8s sa mort ou lors d\u2019un don, car il a des harnachements aux armes d\u2019Aragon et de Sicile, couvre lit, etc. De nombreux objets aux armes de sa famille, les papageais, deux perroquets se faisant face et leur devise \u00ab voy e limes \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces inventaires pr\u00e9cisent qu\u2019il y a des louches mais pas les petites pi\u00e8ces, et Eiximenis nous pr\u00e9cise<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Prends la cuiller par l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du manche, loin de la partie creuse, et ne mets pas en bouche la partie creuse si elle est trop pleine. Ne laisse pas la cuiller continuellement dans l\u2019\u00e9cuelle, mais hors d\u2019elle, la partie creuse sur une languette de pain \u00bb (111), puis il signale que les anglais mangent \u00e0 deux dans la m\u00eame \u00e9cuelle \u00ab Manger \u00e0 plusieurs dans une \u00e9cuelle, comme le font les Sarrazins, est impoli, surtout en prenant la nourriture \u00e0 pleine main comme ils le font avec le couscous. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ne mets pas la main dans la sali\u00e8re. Tu prends du sel avec le couteau et tu mets dans le tailloir \u00bb (112)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis fait dire \u00e0 son \u00ab&nbsp;golafre&nbsp;\u00bb&nbsp;:\u00ab&nbsp;Je n\u2019utilise que des sauces \u00e9paisses et bouillies, ou la sauce de paon&nbsp;\u00bb, les paons semblent avoir eu une place d\u2019honneur dans les cuisines de cette \u00e9poque, ainsi que dans l\u2019apparat puisque Mossen Mathias poss\u00e9dait une guirlande de plumes de paon, \u00ab&nbsp;item lo guirlandeu de ploma de pago&nbsp;\u00bb (113). Ces paons sont attest\u00e9s dans les jardins royaux du ch\u00e2teau de Perpignan, l\u00e0 ou logeait Benoit XIII en 1408, et les recettes de paons en sauce sont connues.(114)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut noter que Batlle et Puig avaient des chaises-perc\u00e9es, d\u00e9tail important lorsqu\u2019on lit Eiximenis qui pr\u00e9cise \u00ab&nbsp;si un convive laisse \u00e9chapper un vent qui ne passe pas inaper\u00e7u, tu interviens avant que la personne ne soit identifi\u00e9e. Tu dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Faites sortir ce chien. Maudites soient ces b\u00eates, qui viennent nous polluer, \u00e0 l\u2019heure de manger&nbsp;!&nbsp;\u00bb(\u2026) Il est bon aussi que tu l\u2019imputes \u00e0 un enfant ou \u00e0 une servante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">10- Spiritualit\u00e9 du vin&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Leurs \u00ab&nbsp;alembichs&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9couverte la plus extraordinaire dans ces inventaires du XVe si\u00e8cle, est pour moi la pr\u00e9sence d\u2019alambics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1414, l\u2019Honorable Berenguer Batlle poss\u00e9dait un \u00ab&nbsp;alambic \u00e0 eau de vie&nbsp;\u00bb parmi les bouilloires, les mortiers et les poeles, et un fourneau en fer, eygui\u00e8res et entonnoirs en \u00e9tain.(115)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1424, Mossen Mathias Puig avait deux alambics&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;item 1 foger de ferre cayrat, item II alembichs ab una fornal&nbsp;\u00bb (116)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est donc incontestable que nos a\u00efeux roussillonnais distillaient au d\u00e9but du XVe si\u00e8cle. Leur int\u00e9r\u00eat pour la distillation avait divers buts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo&nbsp;: Alambic, Llibre de secrets d\u2019agricultura, Fra Miquel Agusti, Perpignan 1617.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sublimation existait depuis la plus ancienne antiquit\u00e9, mais l\u2019invention du premier alambic ne semble dater que du IVe si\u00e8cle, par un grec d\u2019Egypte, Zosime de Panopolis (117). Le mot grec \u00ab&nbsp;ambikos&nbsp;\u00bb qui d\u00e9signait un vase cylindro-tronconique, est \u00e0 l&#8217;origine du mot arabe Al-inbik. Le mot alcool vient de \u00ab&nbsp;al koh&#8217;l&nbsp;\u00bb, nom arabe du sulfure d&#8217;antimoine (118). Au Xe si\u00e8cle, Abulcasis, m\u00e9decin-chirurgien de Cordoue, 936-1031, aurait perfectionn\u00e9 l&#8217;alambic et distill\u00e9 du vin. On constate que les noms employ\u00e9s en Occident sont emprunt\u00e9s \u00e0 l&#8217;Arabe, ce qui laisse supposer que la transmission s&#8217;est faite par les Arabes ou les Maures. Pour ma part je pense que ces proc\u00e9d\u00e9s n\u2019ont jamais disparus en Occident, mais ont simplement perdu leurs noms Latins ou Grecs. Certes la distillation du vin n\u2019est attest\u00e9e en Occident qu\u2019au XIIe si\u00e8cle, dans la ville de Salerne, mais on imagine mal les europ\u00e9ens de la renaissance carolingienne sans distillation\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Grace \u00e0 ces alambics on obtenait de l&#8217;alcool \u00e9thylique appel\u00e9 \u00ab&nbsp;Aqua Vitae&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;eau de vie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;eau ardente&nbsp;\u00bb, d&#8217;ou le terme roussillonnais d&#8217;aygua ardenta, et les \u00ab&nbsp;ayguardenter&nbsp;\u00bb, qui sont attest\u00e9s en Roussillon d\u00e8s 1455 dans le manuel de Pere Morera, notaire, pour Marti Gelabert \u00ab&nbsp;ayguardenterius&nbsp;\u00bb de Perpinya (119).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez nous la diff\u00e9rence entre l\u2019Alkohol et l\u2019aygue ardente, \u00e9tait la destination. L\u2019Alkohol servait en pharmacie, et les aygues ardentes servaient \u00e0 muter nos mouts. Mossen Matthias Puig \u00e9tait-il vinificateur, pharmacien, ou alchimiste&nbsp;? Son homonyme Albert del Puig, qui \u00e9tait <em>physic<\/em> de la ville de Collioure, en 1372 (120) avait-il besoin d\u2019alcool pour soigner ses malades&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le De vinis (121) dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 l\u2019origine incertaine, parle de <em>l&#8217;aqua ardens<\/em>, eau ardente, et donne des recettes de mac\u00e9ration de plantes et d&#8217;alcool. On a longtemps pr\u00e9tendu qu\u2019Arnau de Vilanova avait \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 pratiquer le mutage \u00e0 l&#8217;alcool pour am\u00e9liorer la conservation du vin et garder sa douceur. Mais maintenant que l\u2019attribution du De Vinis est faite au Maitre Sylvestre et \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Salerne il est difficile de prendre position. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pr\u00e9tend que les templiers du Mas Deu, pr\u00e8s de Perpignan, g\u00e9n\u00e9ralis\u00e8rent ensuite le proc\u00e9d\u00e9&nbsp;, mais je n\u2019ai pas trouv\u00e9 de preuve de cette affirmation. Par contre, leurs successeurs sur ces terres du Mansum Dei, ou Mas Deu, Nyils, Terrats, Conjunta et Santa-Coloma de la Commanda, ont produit des vins doux au XIVe si\u00e8cle. Les Hospitaliers de Saint- Jean, futurs Chevaliers de l\u2019Ordre de Malte, qui se fix\u00e8rent \u00e0 Rhodes, avaient conserv\u00e9 une commanderie \u00e0 Chypre ou ils continuaient \u00e0 produire le <em>Commandaria<\/em> quasi liquoreux. Il est \u00e9vidant qu\u2019ils ne se prohib\u00e8rent pas la production de vins doux liquoreux en Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mutage gardera-t\u2019il son secret&nbsp;? Qui muta le premier&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Muter, ou&nbsp;<em>mutar<\/em>&nbsp;signifie en roussillonnais, rendre muet, du Latin <em>mutatio<\/em> \u00ab&nbsp;changement, alt\u00e9ration, action de changer&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle que les Portugais et les Andalous mut\u00e8rent leurs vins pour les stabiliser, dans un but commercial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019invention de l\u2019alambic est grecque, en Egypte, et si les premi\u00e8res mentions en Europe sont \u00e0 Cordoue au Xe, et \u00e0 Salerne au XIIe&nbsp;; qui nous a transmis l\u2019usage de muter nos mouts pour faire du vin doux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas un hasard si le d\u00e9veloppement de la distillation a commenc\u00e9 \u00e0 Salerne, qui se trouve pr\u00e8s de l\u2019antique et illustre production du vin doux de Falerne, en Campanie, qui n\u2019\u00e9tait pas mut\u00e9 dans l\u2019antiquit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les alambics de Mossen Matthias Puig et de l\u2019Honorable Berenguer Batlles provenaient-ils de Valencia, de Cordoue, de Campagnie ou de Sicile&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La famille de Mathias s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9e en Sicile en 1296 et y continuait le commerce en 1408. Son oncle Bernard y \u00e9tait ambassadeur en 1399. Mathias avait v\u00e9cu sous les r\u00e9gnes de Martin l\u2019Humain puis d\u2019Alphonse le Magnanime, passionn\u00e9s par Naples et la Sicile. Il avait m\u00eame servi Alphonse Le Magnanime, comme promoteur de la cour (122), et avait re\u00e7u l\u2019autorisation de chercher des minerais en Cerdagne, sans doute pour assouvir sa recherche d\u2019or et ses r\u00eaves de pierre philosophale (123) ou pour r\u00e9aliser la recette du De Vinis pour produire le \u00ab&nbsp;vin d\u2019extinction d\u2019or&nbsp;\u00bb dans lequel une feuille d\u2019or devait \u00eatre plong\u00e9e quarante fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De m\u00eame Berenguer Batlles avait \u00e9t\u00e9 richement dot\u00e9 par Alfonso il Magnanimo, dont le surnom avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par les alchimistes napolitains, qu\u2019il entretenait avec beaucoup de largesses. Et nous savons, par son inventaire, que Berenguer Batlle poss\u00e9dait un couvre-lit aux armes de Sicile, ce qui prouve qu\u2019il avait servi pr\u00e8s de son roi en Sicile, lequel avait d\u00fb lui donner ce couvre-lit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces livres et ces alambics sont-ils les pr\u00e9curseurs de la \u00ab&nbsp;renaissance&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les alambics n\u2019\u00e9taient pas neutres, et la distillation non plus. Les personnes qui s\u2019adonnaient \u00e0 la distillation \u00e9taient soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019alchimie. Eiximenis fut accus\u00e9 d\u2019envouter le pape et de lui avoir enseign\u00e9 l\u2019art d\u2019invoquer les d\u00e9mons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le \u00ab&nbsp;Regimen de la cosa publica&nbsp;\u00bb et le \u00ab&nbsp;Cercapou&nbsp;\u00bb, il condamnait l\u2019alchimie, mais aussi la divination, la nigromancie, et la physiognomonie, dont l\u2019usage est le fait des \u00ab&nbsp;ministres dels diables&nbsp;\u00bb. Toutefois il s\u2019int\u00e9ressait aux proph\u00e9ties et aux possibilit\u00e9s de dialogue avec les anges\u2026un peu comme Vilanova qui pr\u00e9voyait la venue du Messie pour 1378.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pape Benoit XIII, lui-m\u00eame, \u00e9tait accus\u00e9 de \u00ab&nbsp;nigromancia&nbsp;\u00bb, de magie et de l\u2019usage du poison, accusation que l\u2019on retrouvera plus tard chez les Borgia, autre famille aragonaise, en partie d\u2019origine roussillonnaise par leur a\u00efeule Sybille d\u2019Oms.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant que les tenants du pape Benoit XIII se r\u00e9unissaient en concile \u00e0 Perpignan, des cardinaux des deux ob\u00e9diences se r\u00e9unissaient \u00e0 Pise et accusaient Benoit XIII de s\u2019\u00eatre entour\u00e9 de magiciens, dont l\u2019un \u00e9tait habill\u00e9 en b\u00e9guin et avait une longue barbe, et l\u2019autre \u00e9tait un ermite qui pr\u00e9tendait reconqu\u00e9rir Rome gr\u00e2ce \u00e0 sa familiarit\u00e9 avec trois d\u00e9mons, le \u00ab Dieu des Vents \u00bb, le r\u00e9v\u00e9lateur de tr\u00e9sors cach\u00e9s et le \u00ab Prince de s\u00e9ditions \u00bb. Benoit XIII utilisait l\u2019ermite \u00e0 Avignon, le b\u00e9guin \u00e0 Porto-Venere et le fr\u00e8re mineur Eiximenis \u00e0 Perpignan. Il avait aussi un devin franciscain, Jean Benoit de Bergerac, qui croyait savoir que Benoit XIII serait conduit \u00e0 Rome par un prince Sicilien de la maison d\u2019Aragon qu\u2019il aurait le plaisir de couronner ensuite empereur. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 Don Martin d\u2019Aragon, le roi de Sicile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019accusation d\u2019envoutement du pape par Eiximenis ne tient pas beaucoup, et c\u2019est plut\u00f4t par ses d\u00e9licieuses paroles qu\u2019Eiximenis avait plu au pape, et par ses trait\u00e9s sur le vin, ou ses connaissances encyclop\u00e9diques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La situation \u00e9tait la m\u00eame en France, vers 1390-1422, ou pour gu\u00e9rir le roi Charles VI atteint de folie, certains courtisans faisaient venir des sorciers pour soigner le roi en vain. Ce n\u2019est sans doute pas un hasard si la France retira son ob\u00e9dience au v\u00e9ritable pape, Benoit XIII, sous le r\u00e8gne de Charles VI en pleine crises de folies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi Eiximenis \u00e9tait-il en contact, malgr\u00e9 lui, avec un milieu vers\u00e9 dans l\u2019alchimie et la nigromancie, et avec lui tout ce monde pr\u00e9-humaniste qui termine le \u00ab&nbsp;moyen-\u00e2ge&nbsp;\u00bb et commence la \u00ab&nbsp;renaissance&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous ces roussillonnais, qui suivirent leur roi Martin en Sicile, suivirent \u00e9galement leurs nouveaux rois Ferdinand et surtout Alphonse, \u00e0 Naples, d\u00e8s 1423.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les livres&nbsp;:<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi tous les livres inventori\u00e9s dans les maisons Roussillonnaises de ce XVe si\u00e8cle pr\u00e9 humaniste, nous trouvons Socrate, les troubadours occitans, le<em> Llibre de l\u2019ordre de cavalleria<\/em> \u00e9crit vers la fin du XIIIe si\u00e8cle par Raymond Llull (124) et bien sur les D\u00e9cr\u00e9tales, et de nombreux volumes de l\u2019ancien et du nouveau Testament en <em>Llatin<\/em>, en&nbsp;<em>Llimousi<\/em>, en&nbsp;<em>Roma<\/em> ou en <em>Fran\u00e7es<\/em>. La pr\u00e9sence de r\u00e9\u00e9ditions de livres d\u2019auteurs antiques montre que leur point de vue ne s\u2019arr\u00eatait pas \u00e0 la simple histoire du christianisme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019inventaire des livres de Mossen Mathias \u00e0 Taxo, (125) nous trouvons<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">12-Item I libre de paper descarnesat de paper de Xativa scrit en romas appellat Sincratos (Socrate&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">13-Item I libre de pargami scrit en limosi de la Gayha Siensia cobert de pots e de cur vermell<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un livre en parchemin \u00e9crit en limousin de la Gaie Science recouvert d\u2019ais et de cuir vermeil&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Coll\u00e8ge de la Gaie Science, fond\u00e9 en 1323 \u00e0 Toulouse par des Troubadours locaux devint ensuite la compagnie des Jeux Floraux. Evidemment le livre sur la Gaie Science rappelle tout de suite la gaie science alchimique, et le gai savoir des Troubadours occitans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">15-Item I libret de paper appellat Libre dels Scachs<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un petit livre de papier intitul\u00e9 Livre des Echecs, qui montre l\u2019int\u00e9r\u00eat de Mossen Matthias pour ce jeu, ses strat\u00e9gies, et sa passion. Quel dommage que nous n\u2019ayons pas conserv\u00e9 ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au sujet d\u2019Aristote, Eiximenis nous renseigne en pr\u00e9cisant qu\u2019\u00ab Aristote affirme dans son Posterios qu\u2019en Inde les hommes sifflent tout le temps. Il y a dans ce pays de bons ceps, d\u2019o\u00f9 sont issus de bons vins, en quantit\u00e9, qui poussent les hommes \u00e0 siffler et \u00e0 danser. \u00bb (126)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les inventaires des livres des familles Alenya, Perillos, Puig et Batlles, on retrouve le Boece de Consolation (127)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">-Item un libre de Boessi de Consolacio scrit en paper cubert de pots e de cur vermell ab X platos (un livre de Bo\u00e8ce, \u00ab La Consolation de Philosophie \u00bb \u00e9crit sur papier recouvert de bois et de cuir vermeil avec dix plats) chez Mossen Mathias Puig<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez Berenguer Batlles, un livre intitul\u00e9 Consolation de Bo\u00e8ce, couvert de vermeil avec des<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">plats de laiton.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis nous en parle aussi \u00ab Boece l\u2019affirme dans le second livre De Consolatione (\u2026). La nature humaine but de l\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 No\u00e9, qui fut le premier homme \u00e0 planter la vigne et \u00e0 faire du vin.(\u2026) le rem\u00e9de contre ce p\u00e9ch\u00e9 : le vin, la liqueur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Boece v\u00e9cut \u00e0 la fin de l\u2019Empire, il avait traduit en Latin des auteurs comme Aristote et Platon, avec des commentaires, et transmis la logique aristot\u00e9licienne \u00e0 l\u2019occident chr\u00e9tien. Le De Consolatione de Boece est une \u0153uvre n\u00e9oplatonicienne, dans laquelle la poursuite de la sagesse et l&#8217;amour de Dieu sont d\u00e9crits comme les v\u00e9ritables sources du bonheur, qui correspond bien \u00e0 cette \u00e9poque pr\u00e9 humaniste. Au XVe si\u00e8cle, le philosophe Laurent Valla d\u00e9crivait Bo\u00e8ce comme le dernier des Romains et le premier des scholastiques. Nous retrouvons encore l\u2019influence de Naples, par Valla, grand ami du Magnanimo, il est donc probable que ces Roussillonnais re\u00e7urent l\u2019influence de Naples et des premiers humanistes (128).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">11- transsubstantiation&nbsp;?&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi Eiximenis faisait-il le lien entre le vin et le sang, et le myst\u00e8re de la transsubstantiation&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Myst\u00e8re mis en sc\u00e8ne par Ferrer dans la procession du Tr\u00e8s Pr\u00e9cieux Sang de Notre Seigneur, en 1416 \u00e0 Perpignan, pour accompagner au supplice les condamn\u00e9s, et \u00e9radiquer l\u2019h\u00e9r\u00e9sie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis \u00e9crit \u00ab Boece l\u2019affirme dans le second livre De Consolatione, metro quinto ainsi qu\u2019Ysodorus. La nature humaine but de l\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 No\u00e9, qui fut le premier homme \u00e0 planter la vigne et \u00e0 faire du vin. En effet il plut \u00e0 la haute sagesse de Dieu Notre Seigneur de tirer du cep, origine et occasion de p\u00e9ch\u00e9 pour le premier p\u00e8re, le rem\u00e8de contre ce p\u00e9ch\u00e9 : le vin, la liqueur avec laquelle on consacre le pr\u00e9cieux sang de J\u00e9sus-Christ.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019homme est donc en mesure de voir que sous l\u2019esp\u00e8ce du vin r\u00e9side le sang du Sauveur consacr\u00e9 et offert \u00e0 Dieu le P\u00e8re pour la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9 et pour le salut. En outre, le vin est bon pour la sant\u00e9 de l\u2019homme car il apporte \u00e0 son c\u0153ur une si grande joie qu\u2019il ne connaitra jamais la tristesse. C\u2019est la raison pour laquelle certains tiennent le pain et le vin en grande r\u00e9v\u00e9rence. Ils consid\u00e8rent que le pr\u00e9cieux corps de J\u00e9sus-Christ se consacre dans le pain et son pr\u00e9cieux sang dans le vin. Ce faisant ils accomplissent une \u0153uvre m\u00e9ritoire et plaisante \u00e0 Dieu \u00bb (129).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que dire de plus sur la place du vin dans l\u2019univers sacr\u00e9 de cette \u00e9poque&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le moine Vicens Ferrer \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ton corps est v\u00e9ritablement une nourriture et Ton sang v\u00e9ritablement est un breuvage&nbsp;\u00bb.(130)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">12-Conclusion&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette ann\u00e9e 1409 fut la derni\u00e8re pour nos rois Martin de Sicile, et son p\u00e8re Martin d\u2019Aragon, qui moururent successivement, \u00e9teignant \u00e0 tout jamais la maison des comtes de Cerdagne et de Barcelone.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eiximenis mourut durant ce concile de Perpignan, vers le mois de Mai 1409, apr\u00e8s avoir l\u00e9gu\u00e9 sa biblioth\u00e8que au couvent des Franciscains de G\u00e9rone, ce qui accr\u00e9dite la version de sa naissance dans cette cit\u00e9. Il fut enterr\u00e9 dans le couvent des fr\u00e8res Mineurs de Perpignan, ou il repose encore aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019inoxydable Benoit XIII, dernier cardinal \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 avant la p\u00e9riode du schisme, c\u2019est-\u00e0-dire le seul \u00e9lecteur et le seul candidat l\u00e9gitime au tr\u00f4ne de Saint-Pierre, le v\u00e9ritable pape, ne mourut \u00e0 Peniscola, dans le royaume de Valence, qu\u2019en 1422. On ne peut pas dire que nos a\u00efeux l\u2019abandonn\u00e8rent, car il fut constamment soutenu dans le <em>Maeztrazgo<\/em> par les familles roussillonnaises qui s\u2019engag\u00e8rent dans l\u2019ordre de Montesa et dans l\u2019ordre de Saint Jean de J\u00e9rusalem, mais c\u2019est une autre histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Roussillon suivit ses rois, partis \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Italie au lieu d\u2019aller d\u00e9livrer l\u2019Orient des Turcs, et subit une crise agraire, et commerciale qui le ruina compl\u00e8tement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le XVe si\u00e8cle continuait sa course, et avec lui les explorateurs italiens d\u2019origine Aragonaise, comme Colom et Vespucci qui, avec l\u2019aide des Borgia et des rois Catholiques, entrain\u00e8rent le basculement du monde m\u00e9diterran\u00e9en vers le monde atlantique, ce qui accentua la ruine de notre commerce et de nos productions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les rois et les papes se d\u00e9sint\u00e9ress\u00e8rent de cet Orient qui ne repr\u00e9sentait plus une source commerciale unique, et qui n\u2019\u00e9tait plus que le tombeau du Christ. Ainsi les vins de Chypres ou du Roussillon, tomb\u00e8rent-ils dans l\u2019oubli, et avec eux tous les vins de la M\u00e9diterran\u00e9e, pour laisser la place aux nouveaux vins d\u2019un monde nouveau, celui de l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"220\" height=\"231\" src=\"http:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/220px-Benedictus_XIII_001.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1356\" srcset=\"https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/220px-Benedictus_XIII_001.jpg 220w, https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/220px-Benedictus_XIII_001-57x60.jpg 57w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Photo de Taxo autrefois \u00ab&nbsp;sap01_mh0101566-p[1].jpg<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/index.php\/category\/vin-et-culture-de-puig-domaine-puig-paraphy-georges-puig\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>N&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 d\u00e9couvrir d&#8217;autres articles ici !<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bibliographies et sources&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre I, Le pape Benoit XIII et Eiximenis, amateurs de vins:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1-Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2- Chronique de Martin de Alpartil, r\u00e9dig\u00e9e vers 1430.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3-prononcer Bilecourbe en roussillonnais<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4- 10% roussillonnais auraient servi directement ou indirectement le pape Benoit XIII, en participant \u00e0 l\u2019armada de 1398, puis au concile de 1408. Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 2, Les commentaires d\u2019Eiximenis&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5-Lo Cristia, volume original<strong>.<\/strong> L\u2019\u00e9dition originale de Lo Cristia mentionne le nom de l\u2019auteur, Eximene\u00e7, mais il est parfois mentionn\u00e9 comme Eiximenis, Eximenez ou Ximenez.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">6-Psalterium alias Laudatorium Papae Benedicto XIII dedicatum (Psautier ou Doxologie d\u00e9di\u00e9e au Pape Benoit XIII). C&#8217;est une collection de 344 pri\u00e8res. Comme le titre le dit, le livre \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 au pape d&#8217;Avignon Beno\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">7- \u00ab&nbsp;Le concile de Perpignan&nbsp;\u00bb, Etudes Roussillonaises, Tome XXIV, 2009-2010, p.177.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">8- L\u2019art de Manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, p.49<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.46<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10-La lettre d\u2019un cur\u00e9 friand \u00e0 son m\u00e9decin (L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Eiximenis, Gifreu, Torr\u00e8s Editions de la Merci, 2011, p.55) \u00ab&nbsp;Lletra que un gran golafre eclesiastic trames a un metge per demanar-li consell sobre lo regiment de sa vida&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre , Les familiers du pape, producteurs de vins en Roussillon&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">11- Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">12-on \u00e9crira comme on voudra \u00e7agarriga ou Sagarriga ou Zagarriga, qui n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que Ypsa Garriga<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors du compromis de Casp il fut le seul avec le catalan Vallseca \u00e0 appuyer la candidature de Jaume d\u2019Urgell.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">13-Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan, p. 10.La reine Yolande \u00e9tait amie avec le pr\u00e9-humaniste Juan Fernandez de Heredia, h\u00e9leniste, neveu du Grand-maitre de Rhodes \u00e0 l\u2019\u00e9poque ou les chevaliers de Rhodes produisaient ce fameux vin doux nomm\u00e9 Commandaria, d\u00e8s 1380 \u00e0 Avignon, puis en Roussillon, lors du mariage de Yolande avec Jean Ier, et \u00e0 Vic ou il fut nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">14- Ph. Lazerme, Noblesa Catalana, Cavallers y Burgesos Honrats de Rossello y Cerdanya, 1976, Tome II, p.401<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">15- Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan, p. 39 et 40.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">16- Inventaire apr\u00e9s d\u00e9c\u00e8s de Pon\u00e7 de Perillos, cote 3 E 557, 3 E 1\/122, 8, not. Johannis Morerii.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">17-le duc de Bourgogne, qui avait pay\u00e9 l\u2019assassinat du fils de Charles VI, le duc d\u2019Orl\u00e9ans, d\u2019o\u00f9 la guerre des partisans entre Armagnac et Bourguignons, en 1407 \u00e0 Paris)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">18- Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan, p.100.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">19- Inventaire apr\u00e9s d\u00e9c\u00e8s de Pon\u00e7 de Perillos, cote 3 E 557, 3 E 1\/122, 8, not. Johannis Morerii.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">20- Podio ou Poggio, Puches, Puig, Poux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">21-Cervilio, Cervillione, Cervilion, Cervillone, Cervillo, Cervellon, Cervello<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">22 Etudes Roussillonnaises, Tome XXIII, 2007-2008, l\u2019Informatio seriosa, p.73<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">23- ADPO B166, 179, G495, 496) 1399, 1er F\u00e9vrier : \u00ab Bernardus de Podio, miles cui rex dedit licenciam quod posset fecere Regi officium Vicarii Rossilionis, quosque fuerit de partibus Francia reversus, ad quas ivit cum aliquibus nostris ambassatoribus. \u00bb En 1386, Guillelma, \u00e9pouse de Bernardo de Podio, fr\u00e8re ou cousin de Mossen Mathias, vendit des biens qu\u2019elle poss\u00e9dait au Vernet ainsi qu\u2019une demi-masade \u00e0 Conjunta, et en 1394, Bernardo, lieutenant de Gilabert de Cruilles, Gouverneur des Comt\u00e9s de Roussillon et Cerdagne, \u00e9crivait au Prieur de Fontfroide pour exiger la d\u00e9molition de la Tour de Pujols \u00e0 Argel\u00e9s, car elle devait g\u00e9ner la juridiction de Taxo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">24-ADPO B166<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">25- Jaume III de Majorque donna ordre, le 16 Juillet 1344, \u00e0 Berenguer des Puig, de livrer le ch\u00e2teau de Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">26-ADPO 1400-1403 : Berenguer des Puig, \u00ab traxo \u00bb de Roma, et remis entre les mains de Don Martin , l\u2019Apostolique Dipl\u00f4me de l\u2019union de l\u2019Ordre Militaire de San Jorge, avec celui de Marie Santissima de Montessa, l\u2019an 1400. Papale sigilii secreti , 1400-1403. Secretarii Guillermii Poncii.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1400, 24 Janvier : bula Ad ea libenter intendimus de Benedicto XIII<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">27- ADPO 1 E 319&nbsp;: 1424 Inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Matheu des Puig , Sr de Taxo et de Mossellos<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Honorabilis dominum Mathia de Podio quondam milites Matheo pupillo filio\u2026(..)\u2026honorabilis dominum Mathia de Podio quondam\u2026\u201d Les Podio avaient re\u00e7u Taxo du roi Jacques II de Majorque en 1299. Je pense que les rois de Majorque, issus de la maison d\u2019Aragon-Barcelone-Cerdagne, voyaient d\u2019un mauvais \u0153il la maison de Taxo, qui descendait des comtes de Roussillon-Ampories. Ils ont donc ruin\u00e9 les Taxo, en donnant leur fief aux Podio.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">28-Lafabr\u00e8gue, Les Corts de Perpignan, SASL 100e volume, 1992, p.47. Ces Corts rassemblaient les trois \u00e9tats de Catalogne, Roussillon et Cerdagne, malgr\u00e9 l\u2019opposition de ces deux derniers en 1350.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">29-Historia dels Llupia, Trabuca\u00efres, 2006, p.48,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">30-Historia dels Llupia, Trabuca\u00efres, 2006, p.47 \u201cOctubre 1395, per a tres vendes de vinyes efectuades pel sacrista de Bages (\u2026) o tamb\u00e9 l\u2019any 1408 a Sant Cugat de Queixas, en el territori de Castellnou\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">31- Historia dels Llupia, Trabuca\u00efres, 2006, p.50<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">32-prononcer Baille<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">33- Historia dels Llupia, Trabuca\u00efres, 2006, p.50<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">34-Vidal, Les Juif, ed. Mare Nostrum, 2016, p.98 et 158 n\u00b0196&nbsp;: les cr\u00e9anciers \u00e9taient Sicardus de Montellis, magiser in medicina, Bertrandus de Fita, magister in artibus et in medicina baccalarius, Franciscus Ginis, aussi maitre en medecine, qui avait soign\u00e9 Eiximenis, et Issach Cabrit, physic et juif de la ville Perpignan, qui avait \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 en consultation.(Apoques de la Cambra apostecal, dans la notule de Bernard Masdamont, f\u00b0193 et suiv., notaires, n\u00b01603.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">35- Inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Pierre d\u2019Alenya, cote 3 E 1\/751, not. Ferrioli Bosqueros.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 4, Leurs Vignobles&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">36-Alart, Cartulaire, 2J1\/9, p. 409 \u00e0 422, transcription de l\u2019original ADPO 1<sup> <\/sup>E 319<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">37-Etudes, p. 40 , Domicellus&nbsp;: donzell, damoiseau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">38- Donzell&nbsp;ou Don\u00e7ell: Domicellus, Damoiseau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">39- Aleutier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aloer&nbsp;\u00bb, qui poss\u00e8de une terre en franc-alleux, donc sans seigneur autre que le roi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">40- Bernardo de Podio&nbsp;: ADPO 166, 179,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">41-Lloansi, Les Remen\u00e7es, 2016, p.39, cite Francisco Monsalvatje y Fossas, Op. Cit. Page 23. Voir le texte en latin dans Eduardo de Hinojosa, Op. cit. Page 300. Note 1. \u00ab \u2026 quoddam singulare detestabile et execrabiliter monstruosum, deturpans et inficiens nedum subiectos oneribus et passionibus supradictis, verum eciam quodammodo maculans patriam istam et degentes in ea, sitque aliis mundi nacionibus materia illudendi, seu in neglectum hebendi, nacionem Cathalanorum, tendat nec minus contra naturalem iusticiam et hominum libertatem, \u2026 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">42-Le chef des pag\u00e8s r\u00e9volt\u00e9s en Catalogne, \u00e0 la fin du XVe s. \u00e9tait Verntallat, de l\u2019ancienne famille des Puigpardines. Les pag\u00e8s de remen\u00e7a \u00e9taient des vassaux, dans l\u2019ordre vassalique de l\u2019\u00e9poque. On y retrouve les familles Puigdemont, Prat de La Riba, Jonqueres, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">43-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.35<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">44-Vignoble et viticulture, Histoire et arch\u00e9ologie en Narbonnais et Roussillon, Carole Puig, Herv\u00e9 Petitot<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">45-Archeologie du Champ et viticulture m\u00e9ridionale, Pourquoi les traces du vignoble sont-elles si peu fr\u00e9quentes au moyen-\u00e2ge&nbsp;? Phil. Boissinot, Carole Puig, Archologie du Midi m\u00e9di\u00e9val tomes 23-24, 2005-2006,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">46-Alart B221 1407-1419) Dalmau de Biert \u00e9tait conseiller royal , Baillie G\u00e9n\u00e9ral de Catalogne, Procureur royal de Cerdagne, Procureur du patrimoine royal et des fiefs royaux d\u2019Alphone d\u2019Aaragon. Il participa aux Corts de Catalunya, Rossello i Cerdanya \u00e0 Barcelone en 1431.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">47-La famille de Taxo, Taccione, Taxon, sont en fait des Llupia. Lire l\u2019Histoire des Llupia, et les Puig d\u2019Orfila sont en fait des Orfila, de Collioure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">48- Inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Berenguer Batlle, cote 3 E 3\/121, 3 E 3\/122, not. Gaucelmus Ferrioli., on remarque le vieux roussillonnais \u201csalat\u201d \u201cab totes ses terres\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">49-Historia dels Llupia, Trabuca\u00efres, 2006, p.47 \u201cOctubre 1395, per a tres vendes de vinyes efectuades pel sacrista de Bages (\u2026) o tamb\u00e9 l\u2019any 1408 a Sant Cugat de Queixas, en el territori de Castellnou\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">50- Ph. Lazerme, Noblesa Catalana, Cavallers y Burgesos Honrats de Rossello y Cerdanya, 1976, Tome II, p.397.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 5, Leurs c\u00e9pages&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">51-Malvoisie du Roussillon cit\u00e9e par le comte Odart, sera identifi\u00e9e plus tard comme le Tourbat, pr\u00e9sent en Roussillon et en Sardigne (Torbato sarde) dans la r\u00e9gion de l&#8217;Alguer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">52-selon Hugh Johnson, Monemvasia donna son nom au c\u00e9page Nalmsey, Malvasia, Malvazija, Malvoisie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">53-Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, traduction Gifreu, pr\u00e9face de Torr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">54-\u00ab on prend du meilleur vin de Vermnacia, ou du grec ou un vin similaire \u00bb (\u00ab optimi vini de vernacia, vel greco, vel simili \u00bb), du sucre blanc, on le pr\u00e9pare \u00e0 feu lent et on le consomme avec deux tiers d&#8217;eau \u00bb. Le Vernacce est \u00e0 l&#8217;origine un vin doux provenant d&#8217;Italie. Vin grec aussi. On peut se demander s&#8217;il s&#8217;agissait de vins import\u00e9s ou de vins blancs locaux \u00e9labor\u00e9s \u00e0 la fa\u00e7on de ces vins renomm\u00e9s.(Torr\u00e8s 2011, p.44)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">55-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, p.154<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">56-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.53<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">57-Catafau, De l\u2019amphore \u00e0 la bouteille, La vigne dans les Comt\u00e9s au moyen-\u00e2ge, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 6, Leurs Vins&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">58- Cisterne, Etre et paraitre, une \u00e9tude d\u2019inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de nobles roussillonnais XIV-XVe si\u00e9cles, UPVD, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">59-Ce terme \u00ab&nbsp;ranci&nbsp;\u00bb s\u2019accorde avec la notion de <em>drimus<\/em>&nbsp; et <em>drimut\u00e8s&nbsp;<\/em> des antiques, m\u00eame si la racine du mot \u00ab&nbsp;ranci&nbsp;\u00bb n\u2019est peut-\u00eatre pas la m\u00eame que celle du &nbsp;<em>drimus<\/em>&nbsp;, de l\u2019indo-europ\u00e9en &nbsp;<em>der<\/em>&nbsp; \u00ab&nbsp;\u00e9corcher, d\u00e9chirer&nbsp;\u00bb, mais il me semble que le roulement de<em> r<\/em> tr\u00e8s prononc\u00e9 du <em>rrranci<\/em>, est proche du<em> der<\/em> . Lire Le vin Romain antique, de Tchernia et Brun.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">60-Etudes Roussillonnaises, Tome XXIV, 2009-2010, Le concile de Perpignan, p.100<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">61- Ph. Lazerme, Noblesa Catalana, Rossello y Cerdanya 1975, Tome I , p.222.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">62- Saint-Simon, M\u00e9moires, ann\u00e9e 1721, chapitre XII \u00ab&nbsp;Nous arriv\u00e2mes \u00e0 Vittoria o\u00f9 je trouvai la d\u00e9putation de la province qui m&#8217;attendait avec un grand pr\u00e9sent d&#8217;excellent vin rancio; c&#8217;\u00e9taient quatre gentilshommes consid\u00e9rables&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">63-Cutzach, Th\u00e8se de Doctorat, 1999. Le compos\u00e9 aromatique que tous ces vins ont en commun est la mol\u00e9cule de Sotolon, d\u00e9couverte en 1976 dans les Vins Jaunes, mais mise en \u00e9vidence par Isabelle Cutzach. Mol\u00e9cule que l\u2019on retrouve dans le F\u00e9nugrec, la m\u00e9lasse, les champignons Lactarius Helvus et les vieux alcools rancios.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">64- Sagarriga-Orsini \u00e0 Naples et Sicile, Poux \u00e0 D\u00f4le, en Franche-Comt\u00e9, et Spucches en Sicile. Junqueres en Franche-Comt\u00e9, Perapertusa en Sicile, Oms, Vallgornera, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">65-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, &nbsp;p.171<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">66-Pline, XIV, 55<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">67- Batlle ADPO 3 E 3\/121, 3 E 3\/122, not. Gaucelmus Ferrioli , Puig ADPO 1 E 319<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">68-La l\u00e9gende lui a attribu\u00e9 la paternit\u00e9 des vins doux naturels du Roussillon qui utilisent eux aussi de l&#8217;alcool pour leur \u00e9laboration. Tout comme on pourrait lui attribuer aussi une certaine paternit\u00e9 pour les ap\u00e9ritifs \u00e0 base de vins ou dans la recette de la sangria ! (Torr\u00e8s 2011, page 43)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">69-L&#8217;ouvrage qui s&#8217;imposa fut le trait\u00e9 de Matthaeus Platearius, De simplici medicina (ou Circa instans), r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 Salerne au XIIe&nbsp;si\u00e8cle, rapidement traduit en langue vernaculaire et imprim\u00e9 d\u00e8s la fin du XVe&nbsp;si\u00e8cle. Un po\u00e8me didactique, attribu\u00e9 peut-\u00eatre \u00e0 tort \u00e0 l&#8217;\u00c9cole de Salerne, le Regimen Sanitatis Salenitanum(Fleur de la m\u00e9decine), dispense des conseils d&#8217;hygi\u00e8ne et d\u00e9veloppe les divers usages th\u00e9rapeutiques du vin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">70- Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, traduction Gifreu, pr\u00e9f. Torr\u00e9s, p.181<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">71- Cisterne, Etre et paraitre, une \u00e9tude d\u2019inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de nobles roussillonnais XIV-XVe si\u00e9cles, UPVD, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">72- ADPO, B250 .La compagnie de Sicile, 1408<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">73- Toutes ces recettes ont \u00e9t\u00e9 interdites par l\u2019INAO.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">74-les familles avaient des branches en Sicile, comme \u00e0 Majorque, ou nous faisions du commerce, puis des productions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">75-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, &nbsp;p.122<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">76-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, &nbsp;p.156<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">77-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, &nbsp;p.157<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">78-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p..48<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">79-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.45-46<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">80- Perillos avait servi les ducs de Bourgogne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 7, Leurs \u00e7ellers&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">81-Cisterne, Etre et paraitre, une \u00e9tude d\u2019inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de nobles roussillonnais XIV-XVe si\u00e9cles, UPVD, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">82-On notera qu&#8217;il y a avit aussi de l&#8217;hypocras (dont la l\u00e9gende attribue la recette \u00e0 Hypocrate), boisson tonifiante, sucr\u00e9e au miel, \u00e9labor\u00e9e aussi avec du vin et certains ar\u00f4mates. (Torr\u00e8s p.55)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">83-B. Alart, C.M., t.J, p.407-412, famille des Puig, ibid., t.A, p.358-359, et voir Taxo d&#8217;Amont.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">84-ADPO 1<sup> <\/sup>E 319&nbsp;: inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Mathias des Puig. 1424<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">85-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.36<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">86-\u00ab&nbsp;la pr\u00e9sence \u00e9galement d\u2019objets \u00e0 usage agricole ou vinicole. Sauf chez Perellos o\u00f9 leur absence est totale, on saisit bien que &#8211; sans \u00eatre des \u00ab chevaliers-paysans \u00bb &#8211; ces nobles l\u00e0 sont intimement li\u00e9s \u00e0 la terre et \u00e0 la ruralit\u00e9&nbsp;\u00bb (Cisterne, Etre et paraitre, p. 34, 2009)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">87-Secrets de Agricultura, casa rustica y pastoril de fr\u00e8re Miquel Agusti, Barcelona 1617) Il y avait donc foulage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 8, Le commerce du vin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">88-Catafau, De l\u2019amphore \u00e0 la bouteille, La vigne dans les Comt\u00e9s au moyen-\u00e2ge, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">89-La place des fruits en M\u00e9diterrann\u00e9e nord-occidentale, Carole Puig, p. 119-128, Archeologie du Midi M\u00e9di\u00e9val, 2005-2006)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">90- El Llibre vert major de Perpinya, Fondacio Noguera, p.368, n\u00b091&nbsp;: 1310, 5 Septembre : Deffinicio e remicio fet als homes de Perpinya per lo senyor Tatzo d\u2019Avall, de la leuda, pessatge o vectigal que prenia a Tatzo. \u201csit homnibus notum, quod ego Petrus de Podio miles dominus de Tacione inferiori, per me et successores meos in dicto castro , etc \u201d \u2026\u201cSignum Petri de Podio, predicti, qui hec omni laudo\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">91-Catafau, De l\u2019amphore \u00e0 la bouteille, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">92-Catafau, De l\u2019amphore \u00e0 la bouteille, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">93-ADPO 1B235 1422-1431, communiqu\u00e9 par M. Catafau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">94-Histoire de la vigne et du vin en Roussillon, Pierre Torr\u00e9s, Trabuca\u00efres, 2011, p.40<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">95-Catafau, De l\u2019amphore \u00e0 la bouteille, La vigne dans les Comt\u00e9s au moyen-\u00e2ge, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">96-Les Tallavis poss\u00e9daient des vignes \u00e0 Passa, ou ils avaient la fonction de chapelains de Lo Camp au XIIIe. Leur tombeau de 1306 est encore dans le cloitre du Camp. Leurs terres tomb\u00e8rent en quenouille au XVIIe si\u00e8cle, et Mariana Tallavis \u00e9pousa Antoni Parahy en 1680, d\u2019o\u00f9 les fortunes terriennes des Parahy, puis des Jaubert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">97- ADPO 1 B250<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">98-1296, 31 Mars : Berengario des Puig ottene concessione del feudo o casale di Casamonaci, Sicilia.(probablement un Almogavars de la conqu\u00eate de Sicile en 1282), (histoire de la famille de Spucches).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">99-D\u00e8s le XIIIe si\u00e8cle des familles catalanes, roussillonnaises et majorquines prirent possession en Sicile, les Termens ou Terminis, les Claramont ou Chiaramonte, les Puig ou Spuches, les Peralta, les Moncada, les Alagona, Oms, Sagarriga, puis au XVe si\u00e8cle, les Vallgornera, les Peyrapertusa du Roussillon, Barone di Favara, etc, leur influence fut immense dans le gouvernement de l\u2019Eglise, puisque Calixte III Borgia dut son tr\u00f4ne aux cardinaux des Puig (Ev\u00eaque de Montreale de Sicile) et Bellvis en 1455.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 9, Leurs services de table&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9-1 Savoir boire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">100-Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, Torr\u00e9s, Gifreu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">101- ADPO 1 E 319.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">102-sachant que le marc p\u00e8se environ 250 gr, et qu&#8217;il contient 8 onces d&#8217;environ 33 gr<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">103-sans doute en email du Limousin, tel le fameux Calice des Rois de Majorque, dont les \u00e9maux sont bleu et violet<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">104- Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, trad.Gifreu, pr\u00e9f. Torr\u00e9s. p.144.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">105- Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, trad. Gifreu, pr\u00e9f. Torr\u00e9s. p.141.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">106-Une histoire mondiale du vin, Hugh Johnson, Hachette, 1989, &nbsp;p158.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">107-Jordi Mach, Un palais dans la ville, Trabuca\u00efre, 2011, vol. II, Sur la table ou dans l\u2019\u00e9glise, le verre dans les villes roussillonnaises, p.350, p.373, voir illustration p. 379, n\u00b0110.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">108- Mobilier et am\u00e9nagement int\u00e9rieur de la maison villageoise en Roussillon dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du Moyen \u00c2ge (XIe-XVe si\u00e8cles) \u00e0 travers l\u2019arch\u00e9ologie et les inventaires notariaux. Aymat Catafau (Universit\u00e9 de Perpignan &#8211; CRHISM) Olivier Passarrius (P\u00f4le arch\u00e9ologique &#8211; Conseil G\u00e9n\u00e9ral des P.-O.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">9-2&nbsp;:Savoir servir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">109-Le service du vin, selon Robert de Nola, dans le Libre del coch, fin du XIVe si\u00e8cle, d\u00e9pend du rang des personnes \u00e0 table,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">110- ADPO 3 E 1\/ 751&nbsp;: Pierre d\u2019Alenya<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">111-L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 Table, Eiximenis, p.169<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">112- L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 Table, Eiximenis, p.170<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">113- ADPO 1 E 319&nbsp;:acte 1424 Matthias des Puig<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">114- Chaire, Chair et bonne ch\u00e8re, en hommage \u00e0 Paul Bretel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 10, Spiritualit\u00e9 du vin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10-1 Leurs alambics&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">115- Cisterne, Etre et paraitre, une \u00e9tude d\u2019inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de nobles roussillonnais XIV-XVe si\u00e9cles, UPVD, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">116-Pour bien comprendre ce qu\u2019\u00e9tait un alambic au XVe si\u00e8cle nous pouvons lire ce qu\u2019\u00e9crivait Fra Miquel Agust\u00ed au XVIIe si\u00e8cle en Catalogne, qui nous d\u00e9crit les deux parties de l\u2019alambic, ce qui explique la pr\u00e9sence de deux alambics chez Mossen Matthias.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Il s\u2019agit en fait d\u2019un seul instrument: \u00abS\u00f3n necessaris dos vasos per destilar, que ab vocable com\u00fa se poden anomenar Alembic, la hu dels quals es propriament anomenat vas continent, per que rep, y cont\u00e9 la materia que se vol destilar; alguns lo anomenan cos, o vas corpolent, altres caraba\u00e7a; la altra es vulgarment dit capitell, cap o capell, o campana, en lo qual se ajusta la vapor que se converteix en aygua. Aquest vas te algunes voltes una canal en forma de bec de aucell, per lo qual la aygua destilada degota en una empolla, o altre vas semblant: altres voltes es sense bec, y a\u00e7o quant se vol usar per circulaci\u00f3\u00bb.(Secrets d&#8217;Agricultura, a. 1617, fol 117)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">117 -Les Alchimistes Grecs, Zosime de Panopolis, M\u00e9moires authentiques , Les Belles Lettres, 2002<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">118- De m\u00eame l&#8217;elixir vient de l&#8217;arabe \u00ab&nbsp;al iksir&nbsp;\u00bb la pierre philosophale et le m\u00e9dicament, emprunt\u00e9 au grec, \u00ab&nbsp;Kseron&nbsp;\u00bb le m\u00e9dicament.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">119-ADPO 3<sup> <\/sup>E 3\/519<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">120- Vidal, Les Juifs, Mare Nostrum, 2016, p. 98<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">121-Le Livre des vins, \u00e9ditions de la Merci, 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">122-ADPO B217, lettre du roi Alphonse portant don de 90 Livres \u00e0 Mossen Mathias comme promoteur de la cour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">123-ADPO B217&nbsp;: \u00ab autorisation \u00e0 Mathias dez Puig, chevalier, de chercher et exploiter en Roussillon et Cerdagne, des \u00ab m\u00eenes de couleur \u00bb, c&#8217;est \u00e0 dire d&#8217;alcofoll, d&#8217;or, d&#8217;argent et autres&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">10-2 Leurs Livres&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">124-Raimond Llull, majorquin fils d\u2019un Montpellierain, \u00e9tait pass\u00e9 chez les Arnaud Batlles, au XIVe s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">125-Inventaire apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s de Mathias des Puig, cote 1 E 319.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">126- Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, Editions de la Merci, 2011, traduction Gifreu, pr\u00e9face de Torr\u00e9s, p. 71<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">127-Boece, mort en 524, qui a v\u00e9cu la fin de l\u2019Empire Romain, a transmis la logique aristot\u00e9licienne en Occident et constitue une source importante de la philosophie m\u00e9di\u00e9vale. Il a traduit en latin les \u0153uvres compl\u00e8tes d\u2019Aristote et de Platon, avec commentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">128- Peut-on parler de pr\u00e9-humanisme en Roussillon ou en Catalogne au XVe si\u00e8cle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jaume de Puig i Oliver r\u00e9pond&nbsp;: \u00abDarrerament s&#8217;ha discutit si i fins a quin punt era l\u00edcit de parlar d&#8217;un humanisme catal\u00e0 d&#8217;abans de la segona meitat del segle XV. S&#8217;ha em\u00e8s l&#8217;opini\u00f3 que postular un humanisme catal\u00e0 abans d&#8217;aquesta data era m\u00e9s un concepte o un miratge historiogr\u00e0fic que no pas una realitat controlada\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chapitre 11,, Transsubstantiation&nbsp;?&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">129-Eiximenis, L\u2019art de manger, boire et servir \u00e0 table, pages 72 et 73<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">130-La confr\u00e9rie a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e le 11 octobre 1416, par Saint Vincent Ferrier. La &#8221; Confr\u00e9rie du Pr\u00e9cieux Sang de Notre Seigneur J\u00e9sus-Christ &#8220;, a vu le jour dans l&#8217;\u00e9glise Saint-Jacques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"449\" src=\"http:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/300px-Terc_Crestia1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1355\" srcset=\"https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/300px-Terc_Crestia1.jpg 300w, https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/300px-Terc_Crestia1-200x300.jpg 200w, https:\/\/georges-puig.com\/georges-puig.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/300px-Terc_Crestia1-40x60.jpg 40w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eiximenis et les vignobles du Roussillon en 1408. 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